Vers de bonnes études à la rentrée…

Avec cette rentrée 2026, beaucoup de jeunes se préparent à vivre une scolarité qui repose sur de nombreuses spécialités et les conduit vers un beau métier. Cette dynamique vaut aussi pour des profils plus expérimentés qui s’apprêtent à mener de nouveaux projets…

En effet, les adultes que nous sommes devons également nous préparer à des échéances importantes, telle une union, une acquisition, une transmission… Si le résultat de notre action ne se voit pas sanctionné par l’obtention d’un diplôme, il peut néanmoins se mesurer en termes de succès.

Par conséquent, il convient de suivre la voie qui prépare le mieux à la réussite, et elle repose incontestablement sur un passage par les études notariales. En effet, les notaires dispensent des recommandations en matière de gestion patrimoniale. Par exemple, les personnes en couple y trouvent les moyens de sécuriser l’avenir du conjoint en optant pour le mariage, ou le pacs assorti de dispositions testamentaires.

De leur côté, les acquéreurs profitent d’un accompagnement sur-mesure pour sécuriser leur transaction. Tant sur le plan juridique que technique, le bien fait l’objet de nombreuses vérifications concernant la mitoyenneté de la propriété, la constructibilité du terrain, la réalisation des diagnostics immobiliers… afin d’établir un compromis de vente dans l’intérêt des deux parties, acquéreur et vendeur.

Quant aux parents, ils aspirent à préparer le passage de relais avec toute la visibilité et la sécurité souhaitées. Le notaire leur propose d’organiser la transmission de leurs biens au moyen d’une donation-partage. Elle offre l’avantage de préserver l’unité familiale et de profiter des opportunités fiscales, avec l’abattement de 100 000 € sur les actifs transmis de parent à enfant tous les 15 ans.

Voilà un parcours qui peut s’aménager selon les aspirations et motivations de tous puisque les études savent accueillir un maximum de profils. Objectif : il faut que le cursus permette à chacun de construire un avenir des plus sereins.

Belle rentrée à tous !

Me Sébastien ARTAUD – Président de la Chambre des notaires de la Gironde

SIGNATURE DU BAIL COMMERCIAL : Conseils pour le bon exercice de son activité

Pas de mise en avant trompeuse avec le bail commercial ! Il indique les activités qui peuvent s’envisager dans le local loué. Sa signature mérite quelques mises en lumière sur les conseils du notaire.

La destination des locaux loués constitue une clause essentielle du bail commercial, dont la vérification et le respect revêtent une importance capitale, particulièrement pour les activités de service. Cette clause détermine l’usage que le preneur peut faire des lieux et encadre les possibilités d’évolution de son activité. Toute méconnaissance de cette destination peut entraîner des conséquences juridiques et financières lourdes, tant pour le preneur que pour le bailleur.

LA DÉTERMINATION ET LA PORTÉE DE LA DESTINATION DES LIEUX LOUÉS EN DROIT COMMERCIAL

La destination des lieux est un critère essentiel d’estimation de la valeur locative et elle doit être distinguée de l’usage des locaux au sens du Code de la construction et de l’habitation et de l’activité effectivement exercée.

Il faut rappeler que la destination vise les activités potentielles que le locataire a la faculté de développer. La destination d’un bail commercial est l’activité industrielle, artisanale ou commerciale pour laquelle le local est loué. Elle ne résulte pas de l’usage que le preneur fait des lieux, mais de l’affectation qui leur a été donnée par la volonté des parties.

Le bailleur et le locataire choisissent librement la destination du local lors de la conclusion du contrat de location et ce choix ne doit pas être contraire aux bonnes mœurs, au règlement de copropriété de l’immeuble, ni aux dispositions légales et règlementaires, sous peine de nullité du contrat.

« Le bail notarié se traduit par un contrat légal sans clauses abusives, assure une date certaine, et protège ses droits d’occupation. »

LES MÉCANISMES DE DESPÉCIALISATION ET LEURS IMPLICATIONS

Le locataire n’est pas libre d’exercer n’importe quelle activité dans les lieux loués, sauf si le bail prévoit une clause « tous commerces ». En l’absence d’une telle clause, toute modification de l’activité doit suivre une procédure de déspécialisation.

  • A. La déspécialisation partielle (adjonction d’activités connexes ou complémentaires)

L’article L. 145-47 du Code de commerce permet au locataire d’adjoindre à l’activité prévue au bail des activités connexes ou complémentaires. La procédure est relativement assez simple car généralement, il doit simplement informer le propriétaire par acte extrajudiciaire ou par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, en indiquant les activités envisagées. Le bailleur dispose alors d’un délai de deux mois pour contester le caractère connexe ou complémentaire de ces activités. À défaut de contestation, il est réputé avoir donné son accord.

En cas de litige, le tribunal judiciaire se prononce en fonction notamment de l’évolution des usages commerciaux.

La notion d’activité connexe ou complémentaire est appréciée souverainement par les juges du fond et est susceptible de varier selon les lieux et les époques. Elle suppose un lien suffisant avec l’activité principale.

Lors de la première révision triennale suivant la notification, il peut être tenu compte, pour la fixation du loyer, des activités commerciales adjointes si elles ont entraîné une modification de la valeur locative.

  • B. La déspécialisation plénière (changement total d’activité)

L’article L. 145-48 du Code de commerce permet au locataire d’être autorisé à exercer une ou plusieurs activités différentes de celles prévues au bail, eu égard à la conjoncture économique et aux nécessités de l’organisation rationnelle de la distribution, à condition que ces activités soient compatibles avec la destination, les caractères et la situation de l’immeuble. Cette procédure est plus complexe et nécessite l’autorisation préalable du bailleur.

La demande doit être faite au bailleur par acte extrajudiciaire ou par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, et dénoncée aux créanciers inscrits sur le fonds de commerce. Le bailleur dispose de trois mois pour notifier son refus, son acceptation ou les conditions de son accord. Son silence vaut acquiescement.

Le changement d’activité peut motiver le paiement d’une indemnité au bailleur et une augmentation immédiate du loyer.

Le tribunal judiciaire peut autoriser la transformation malgré le refus du bailleur si ce refus n’est pas justifié par un motif grave et légitime.

LA VÉRIFICATION ET LE RESPECT DE LA DESTINATION DES LOCAUX DANS UN BAIL COMMERCIAL SONT DES ÉLÉMENTS FONDAMENTAUX, PARTICULIÈREMENT POUR LES ACTIVITÉS DE SERVICE.

LES RISQUES LIÉS AU NON-RESPECT DE LA DESTINATION ET LES SANCTIONS

Le non-respect de la destination des lieux loués constitue une violation des obligations du locataire et peut entraîner de graves sanctions.

  • A. La résiliation du bail

L’article 1728 du Code civil dispose que le preneur est tenu d’user de la chose louée raisonnablement, et suivant la destination qui lui a été donnée par le bail. L’article 1729 du Code civil sanctionne expressément la violation de cette obligation par la possibilité pour le bailleur de faire résilier le bail.

La résiliation du bail peut être prononcée judiciairement ou résulter de l’acquisition d’une clause résolutoire insérée au bail. Pour que la clause résolutoire produise effet, un commandement de cesser l’infraction doit être délivré au locataire et rester infructueux pendant un mois.

La Cour de cassation a récemment rappelé que l’exercice par le preneur d’une activité non autorisée par le bail, même si elle a perduré plusieurs années, peut justifier l’acquisition de la clause résolutoire.

Le simple silence du bailleur pendant plusieurs années ne vaut pas renonciation claire et non équivoque à la clause de destination.

Des décisions de cours d’appel récentes illustrent cette rigueur :

  • Le Tribunal judiciaire de Versailles, en septembre 2025, a constaté l’acquisition de la clause résolutoire et la résiliation du bail pour non-respect de la destination (stockage de voitures au lieu d’archivage pour activités médicales) :
  • La Cour d’appel de Montpellier, en novembre 2025, a prononcé la résiliation d’un bail commercial en raison d’une sous-location irrégulière et d’une activité de courtage en assurance, radicalement différente de la destination autorisée (hôtel):
  • La Cour d’appel d’Aix-en-Provence, en juin 2024, a confirmé la résiliation d’un bail pour non-respect de la destination (commercialisation de produits manufacturés au lieu de conseil et gestion).
  • B. Le refus de renouvellement sans indemnité d’éviction

Le bailleur peut refuser le renouvellement du bail sans être tenu au paiement d’aucune indemnité s’il justifie d’un motif grave et légitime à l’encontre du locataire sortant, tel que l’inexécution d’une obligation qui s’est poursuivie plus d’un mois après une mise en demeure.

La Cour d’appel de Paris a jugé que des sous-locations répétées sans l’accord du bailleur, constituant un motif grave et légitime, privaient le locataire du droit au paiement d’une indemnité d’éviction (CA Paris, septembre 2025).

LA DISTINCTION ENTRE DESTINATION ET USAGE EN DROIT DE L’URBANISME

Il est essentiel de distinguer la destination des lieux en droit des baux commerciaux de la notion d’usage en droit de l’urbanisme.

La destination relève du droit de l’urbanisme et concerne le bien indépendamment de la personne du propriétaire, avec cinq catégories de destination:

  • exploitations agricoles et forestières,
  • habitations,
  • commerces et activités de services,
  • équipements d’intérêt collectif et services publics,
  • autres activités des secteurs primaire, secondaire ou tertiaire.

Le changement de destination nécessite une déclaration préalable, même sans travaux.

L’usage, quant à lui, est défini comme l’utilisation d’une chose et est régi par le Code de la construction et de l’habitation. Il correspond factuellement à l’utilisation faite du bien et s’avère personnel à l’individu utilisant le bien. L’usage des lieux doit être conforme à la destination.

POINTS CLÉS À RETENIR…

La vérification et le respect de la destination des locaux dans un bail commercial sont des éléments fondamentaux, particulièrement pour les activités de service.

La destination contractuelle, qu’elle soit générale « tous commerces » ou spécifique, encadre l’activité du preneur et s’accompagne de répercussions directes sur la validité du bail, le montant du loyer, le droit au renouvellement et les obligations des parties.

Les procédures de déspécialisation, qu’elles soient partielles ou plénières, offrent des voies d’adaptation mais exigent un formalisme rigoureux et l’accord du bailleur ou une autorisation judiciaire.

Le non-respect de ces règles expose le locataire à des sanctions sévères, allant de la résiliation du bail au refus de renouvellement sans indemnité d’éviction.

Par conséquent, il apparaît impératif pour toutes les parties de faire preuve d’une diligence extrême dans la rédaction, la compréhension et le suivi de cette clause essentielle, en tenant compte des évolutions jurisprudentielles récentes qui confirment la rigueur des tribunaux en la matière.

Me Guylaine GEVAUDAN-WUSTNotaire à Beychac-et-Caillau

Alors que 26 offices notariaux ont été impactés par les incendies sur notre territoire, la Chambre des Notaires de la Gironde tient à remercier les sapeurs-pompiers et l’ensemble des forces mobilisées pour leur engagement et leur courage.

Aucun sinistre n’est à déplorer sur les études évacuées. La réintégration des offices temporairement fermés est en cours et leur activité reprend progressivement.

Les notaires girondins renouvellent leur témoignage de solidarité envers les sinistrés. Ils seront à leurs côtés au cours des prochaines semaines et des mois à venir, pour les accompagner dans leurs démarches et répondre à leurs questions.

Les offices notariaux de notre département se tiennent à votre disposition pour vous accompagner dans toutes vos démarches liées aux dommages subis.

CHRONIQUE DES NOTAIRES DE LA GIRONDE – Pris par les impératifs de son activité, le dirigeant d’entreprise reporte souvent les questions liées aux aléas de la vie et à la transmission de son patrimoine professionnel. Le droit met pourtant à sa disposition plusieurs dispositifs permettant d’organiser en amont la continuité de l’entreprise, en cas d’incapacité ou de décès, et d’en optimiser la transmission.

Le chef d’entreprise absorbé par son activité et le fonctionnement de sa structure dispose souvent de peu de temps pour penser à un autre avenir que celui de son cœur de métier. Pris par les exigences du quotidien, il néglige souvent l’hypothèse de son incapacité, de son décès ou des difficultés que pourrait rencontrer sa famille pour assurer la continuité de l’entreprise.

Pourtant, ces événements, parce qu’ils peuvent survenir brutalement, méritent d’être anticipés. Cette anticipation constitue un véritable outil de protection, tant pour le dirigeant lui-même que pour son entreprise et ses proches. Le droit met à sa disposition plusieurs outils permettant d’organiser à l’avance la gestion de ses intérêts personnels et professionnels, de limiter les blocages et de préparer la transmission de son patrimoine entrepreneurial.

Tous ces événements sont plus faciles à traverser s’ils ont été anticipés.

L’ANTICIPATION DE SA PROPRE INCAPACITÉ : LE MANDAT DE PROTECTION FUTURE

L’incapacité, qu’elle soit temporaire ou durable, peut être organisée grâce au mandat de protection future. Cet outil permet de désigner, en cas de survenance d’une incapacité médicalement constatée, une ou plusieurs personnes de confiance, faisant partie de la famille ou non, pour gérer, administrer et même céder ses biens (sauf le logement de la personne).

Le mandat notarié permet même aux mandataires de vendre les biens du mandant (à l’exception de sa résidence principale pour laquelle il faudra une autorisation judiciaire). Il est signé par le mandant et le mandataire, et ne prend effet que lorsque l’incapacité du mandant est médicalement constatée et son certificat déposé au greffe du tribunal.

Il évite la lourde et longue procédure judiciaire de la mise sous habilitation judiciaire, ou sous tutelle de la personne défaillante.

Ses effets cessent si la personne recouvre la possibilité de gérer ses biens.

Particulièrement adapté au chef d’entreprise, il permet au mandataire d’exercer tous les droits sur les parts sociales qu’il détient, voter à sa place, se faire nommer dirigeant… et d’éviter ainsi l’inertie d’une procédure longue pour le remplacer qui pourrait être fatale à l’entreprise.

Le mandataire désigné pour les affaires privées peut d’ailleurs être différent de celui que le mandant désignera pour gérer l’entreprise (pour des raisons de compétence entrepreneuriale par exemple).

Il existe d’autres mesures permettant de remplacer le chef d’entreprise en cas de décès ou d’incapacité en prévoyant des gérances successives notamment.

L’ANTICIPATION DE L’INAPTITUDE DES HÉRITIERS : LE MANDAT POSTHUME

Il se peut qu’un chef d’entreprise ait conscience que ses héritiers ou certains de ses héritiers ne sont pas aptes à gérer son entreprise en cas de décès. Cette prise de conscience, n’a évidemment rien de dégradant pour les héritiers puisqu’ils peuvent avoir des prédispositions pour certaines activités sans pour autant avoir d’appétence ou de connaissance particulière pour la gestion de l’entreprise.

Le chef d’entreprise peut alors désigner par le biais d’un mandat posthume, en cas de décès, une ou des personnes, parmi les héritiers ou non, qui aura pour mission de gérer ses biens à son décès. 

Cette faculté relativement peu utilisée comporte l’avantage de permettre de déléguer cette gestion à une personne expérimentée dont le chef d’entreprise pense qu’elle saura prendre les décisions qui s’imposent à son décès et d’éviter une carence qui pourrait nuire à l’activité de l’entreprise.

Elle doit être justifiée par un intérêt sérieux et légitime au regard de la personne de l’héritier ou du patrimoine successoral, et précisément motivée au regard de la personne du ou des héritiers.

Ce mandat doit être suffisamment motivé pour résister à un contrôle judiciaire ultérieur, il est d’une durée classique de deux ans pouvant être allongée à cinq ans avec des motivations particulières.

Ces délais peuvent être prorogés judiciairement sous réserve de justifications.

L’ANTICIPATION DE L’INAPTITUDE DE L’HÉRITIER MINEUR 

Lorsque le chef d’entreprise a des enfants mineurs, il peut rédiger un testament confiant l’administration de tout ou partie de ses biens légués avec des pouvoirs plus ou moins étendus à une ou plusieurs personnes.

Cette solution est particulièrement adaptée à l’entreprise puisque cela permet de confier l’administration de celle-ci, en cas de décès, à une personne compétente qui la gérera en attendant la majorité des enfants.

Elle est particulièrement indiquée en l’absence de conjoint survivant ou lorsque ce dernier n’est pas compétent dans ce domaine.

Cette organisation peut être couplée au mandat posthume éventuellement pour couvrir selon l’âge des enfants au décès une durée plus importante, par exemple en attendant la fin des études des enfants.

L’ANTICIPATION FISCALE DU DÉCÈS DU CHEF D’ENTREPRISE : LA DONATION ET L’UTILISATION DU DISPOSITIF DUTREIL 

La donation est le fait de transmettre de son vivant tout ou partie de son entreprise à des personnes dont le donateur estime qu’elles sont compétentes pour gérer l’entreprise. Elle permet également un départ en douceur lorsqu’elle est partielle.

Le dispositif Dutreil conçu pour préserver l’entreprise et l’emploi est un vecteur fiscal optimisant pour transmettre son entreprise. Sous réserve de certaines contraintes (de plus en plus fortes), il permet de transmettre l’entreprise pour le quart de sa valeur. Conjugué avec la faculté pour le chef d’entreprise de conserver l’usufruit de ses parts, cet avantage est encore augmenté.

Prenons l’exemple d’un chef d’entreprise âgé de 58 ans dont la société est estimée à 1 600 000 euros et père de deux enfants, la taxation de cette entreprise sera établie de la manière suivante :

> Valeur de la pleine propriété 1 600 000 euros
> Valeur de la nue-propriété donnée 800 000 euros
> Abattement Dutreil (3/4) : 600 000 euros
> Valeur donnée après abattement Dutreil : 800 000 – 600 000 = 200 000
> Soit pour chaque enfant 200 000/2 = 100 000 euros
> Abattement pour chaque enfant : 100 000 euros
> Donc une valeur taxable de 0
Sans recours au dispositif Dutreil, le montant des droits de succession aurait été de 96 390 euros.

Cet avantage ne va pas sans contraintes, telle que l’engagement de conservation collectif d’une durée de 2 ans suivi d’un engagement individuel d’une durée récemment passée à 6 ans, telle que l’analyse minutieuse des chiffres d’affaires de l’entreprise, telle que les pouvoirs restreints de l’usufruitier.

Toutes ces contraintes ainsi que l’analyse de l’activité et du chiffre d’affaires de l’entreprise, du suivi de l’ordre et de la méthode du processus obligent à la plus grande vigilance afin d’éviter toute sanction fiscale et remise en cause du dispositif.

DES OUTILS À UTILISER AVEC RIGUEUR ET DISCERNEMENT 

Le choix de l’outil adapté et l’adaptation de l’outil qui sera utilisé sont essentiels. Il ne peut se faire qu’après analyse des souhaits du chef d’entreprise, de la connaissance de son entreprise et de son environnement familial et professionnel.

Étudiés avec minutie, ils permettent d’anticiper et d’optimiser la défaillance et la succession du chef d’entreprise afin de sécuriser tant que faire se peut l’inattendu, le possible et le prévu.

Terre en vue !

Après avoir évolué dans un marché immobilier quelque peu agité, les acquéreurs peuvent enfin se laisser porter vers de nouveaux horizons avec plus de sérénité. Les secteurs soumis à de fortes tensions sur les prix d’acquisition connaissent enfin une accalmie.

Des zones à fort trafic, comme à Bordeaux ou sur le bassin d’Arcachon, évitent désormais les hausses houleuses pour négocier sans risquer de voir son projet chavirer. Par exemple, les appartements à Bordeaux reculent de -2,4 % pour se situer à 4 110 €/m2 et de -10,6 % à Arcachon pour s’établir à 4 910 €/m2, selon les données de la chambre des notaires de la Gironde pour l’année 2025.

Cette mer calme laisse donc l’opportunité de naviguer sans « être pris dans le filet » d’un vendeur trop pressé. Ce dernier doit intégrer que le courant s’avère plus porteur pour les acquéreurs, qui tiennent le gouvernail au moment de négocier. En témoigne aussi l’évolution du prix de la maison individuelle au sein du territoire de Bordeaux Métropole qui se replie de -2,4 % pour se fixer à 331 900 €.

Nous voilà dans un environnement qui incite à se laisser porter vers un bien immobilier. L’offre se traduit par une belle diversité de produits à la vente dans les services immobiliers des notaires négociateurs. En effet, le territoire girondin invite à accoster sur de jolis bouts de terre. Qu’il s’agisse de la côte ou du Bassin avec leurs maisons de style landais ou plus arcachonnais, elles savent recevoir. Les échoppes bordelaises se prêtent aussi à bien des scénarios de réhabilitation pour révéler tout leur potentiel et leur charme intemporel. Dans les secteurs plus ruraux, les maisons de ville, les chais revisités ou les fermes à rénover peuvent arguer de leur prix d’appel pour charmer les acheteurs.

Qu’ils soient attirés par des demeures situées sur les rivages, des maisons logées dans un cadre plus sauvage ou des appartements avec vue depuis les étages, les porteurs de projet vont apprécier de poser le pied en terre immobilière tout en profitant des conseils du notaire.

Pour cette expédition, ils peuvent aussi compter sur l’intervention du notaire pour identifier toutes les ramifications juridiques que comporte une transaction. Autorisations administratives, facturation de travaux, réalisation des diagnostics, vérifications des titres de propriété… autant de points qui font l’objet de toutes les attentions afin de signer un compromis de vente en parfaite sécurité.

Bel abordage en terre girondine pour une riche aventure dans la Pierre aux côtés du notaire !

Me Sébastien ARTAUD – Président de la Chambre des notaires de la Gironde

LE VIAGER… Pensez-y pour vendre ou acheter !

Vous avez entendu parler du viager mais n’en connaissez pas vraiment les modalités… Vous n’êtes pas seul. Cette forme de vente reste très méconnue du grand public mais est particulièrement intéressante lorsqu’il s’agit de compléter sa retraite ou de réaliser un investissement en limitant sa dette.

Ces dernières années, le viager a gagné en popularité. Que vous soyez vendeurs ou acquéreurs, le viager offre des avantages et aussi quelques limites… Pour connaître son fonctionnement et ses différentes formes, un tour d’horizon s’impose.

COMMENT FONCTIONNE LE VIAGER ?

Dans une vente classique, l’acquéreur paie l’intégralité du prix de vente le jour de la signature. De son côté, le viager offre un fonctionnement bien différent.

Également appelé « crédirentier », le vendeur cède son bien à un acquéreur, lui-même désigné « débirentier ». En échange, l’acquéreur lui verse une somme d’argent chaque mois appelée la « rente » pendant toute la durée de vie du vendeur, et le cas échéant pendant celle de son conjoint.

Parfois, l’acquéreur verse également une somme le jour de la vente appelée, le « bouquet ». Au décès du vendeur, l’acquéreur devient pleinement propriétaire et les versements s’arrêtent.

Unique en son genre, le viager ne permet pas de savoir à l’avance pendant combien de temps les versements vont se dérouler… Tout dépend de la durée de vie du vendeur.

QUELS SONT LES DIFFÉRENTS TYPES DE VIAGER ?

Le viager peut prendre différentes formes :

  • Le viager occupé : C’est le plus courant. Le vendeur continue de vivre dans son logement jusqu’à la fin de sa vie. L’acquéreur ne peut y habiter pendant cette période. C’est la solution idéale pour quelqu’un qui souhaite rester chez soi tout en percevant des revenus complémentaires. En contrepartie de cette occupation, la valeur vénale du bien est réduite de la valeur du droit d’usage et d’habitation conservé par le vendeur.
  • Le viager libre : Le vendeur quitte le bien dès la vente. L’acquéreur peut immédiatement y habiter, le louer ou l’utiliser comme il le souhaite. Cette formule convient aux vendeurs qui résident déjà ailleurs.

COMMENT SE CALCULE LE PRIX D’UN VIAGER ?

C’est la question que tout le monde se pose. Et c’est précisément l’une des missions du notaire: calculer une rente juste et équilibrée pour les deux parties.

Le prix de vente est composé par :

  • Le bouquet, optionnel : C’est la somme versée le jour de la signature chez le notaire. Elle n’est pas obligatoire, mais très fréquente. Généralement, elle représente entre 20 % et 40 % de la valeur du bien. Plus le bouquet est élevé, moins la rente mensuelle sera importante, et inversement.
  • La rente mensuelle : Son montant est déterminé à partir de plusieurs éléments : la valeur du bien immobilier, l’âge du vendeur et son espérance de vie statistique, le montant du bouquet deja versé, la valeur du droit d’usage et d’habitation conservé par le vendeur en cas de viager occupé, le taux de rendement retenu pour le calcul.

Généralement versée mensuellement ou trimestriellement, la rente est indexée chaque année sur un indice, il s’agit généralement de l’indice des prix à la consommation ou de l’indice du coût de la construction pour maintenir le pouvoir d’achat du vendeur.

Exemple chiffré simplifié :

Estimé à 300 000 €, un bien est vendu en viager occupé par un homme de 73 ans. La valeur du droit d’usage et d’habitation est estimée à environ 137 000 €. La valeur occupée du bien après déduction du droit d’usage et d’habitation s’élève à 163 000 €. On déduit un bouquet de 50 000 € qui sera versé le jour de la signature de l’acquisition. La rente mensuelle sera donc d’environ 700 €. Ces chiffres sont donnés à titre indicatif car chaque dossier est unique.

QUI PAIE QUOI EN CAS DE VIAGER OCCUPÉ ?

Le vendeur qui occupe le bien prend en charge l’entretien courant, les charges de copropriété et la taxe d’habitation.

De son côté, l’acquéreur assume les grosses réparations au sens de l’article 606 du Code civil (toiture, structure…) et la taxe foncière.

L’UNE DES MISSIONS DU NOTAIRE : CALCULER UNE RENTE JUSTE ET ÉQUILIBRÉE POUR LES DEUX PARTIES.

QUELS SONT LES AVANTAGES ET LIMITES DU VIAGER ?

Les points positifs pour le vendeur :

  • Percevoir des revenus supplémentaires chaque mois, à vie.
  • Continuer à vivre chez soi avec le viager occupé.
  • Profiter d’un avantage fiscal important car la rente est très peu imposée.
  • Éviter la gestion locative et les contraintes liées au bien.

Les points de vigilance :

  • Détourner ce bien de la succession pour les héritiers qui ne le recevront pas en héritage.
  • Limiter l’intérêt de l’opération en cas de décès précipité du vendeur…
  • Vérifier la fiabilité financière de l’acquéreur sur le long terme.

Les points positifs pour l’acquéreur :

  • Acquérir un bien immobilier sans recourir à un emprunt bancaire classique.
  • Effectuer des versements étalés dans le temps, sans intérêts bancaires.
  • Payer un prix potentiellement attractif si l’opération est bien calculée.
  • Diversifier son patrimoine immobilier avec un autre levier.

Les points de vigilance :

  • S’engager pour un coût total d’acquisition incertain qui peut dépasser la valeur de marché si le vendeur vit très longtemps…
  • Ne pas profiter du bien immédiatement en cas de viager occupé.
  • Financer le bien sans recourir aisément à l’emprunt bancaire.
  • S’engager financièrement sur une durée indéterminée…

Le viager constitue une solution patrimoniale à part entière. Pour le vendeur, il permet de transformer un bien immobilier en revenus réguliers, tout en restant chez soi. Pour l’acquéreur, il se présente comme une véritable alternative en matière d’investissement immobilier.

Me Carine BERT – Notaire à Villenave d’Ornon

CHRONIQUE DES NOTAIRES DE LA GIRONDE Dans le cadre entrepreneurial, le choix du bail est l’une des premières décisions stratégiques du dirigeant. Pourtant la confusion entre bail commercial et bail professionnel persiste. La sécurité juridique d’une entreprise repose avant tout sur l’adéquation du contrat avec l’activité exercée. Le conseil juridique auprès d’un notaire est alors primordial.

La nature de l’activité du preneur qui sera exercée au sein des locaux est déterminante afin de conseiller les parties sur le régime juridique auquel elles veulent soumettre leurs rapports locatifs.

Le bail commercial est réservé aux activités com-merciales, artisanales ou industrielles. Il nécessite l’exploitation d’un fonds de commerce et une immatriculation au registre du commerce ou au répertoire des métiers.

Le bail professionnel est quant à lui un contrat de location portant sur un local qui sert à une activité qui n’est ni commerciale, ni artisanale, ni industrielle, ni agricole. Il s’adresse principalement aux professionnels exerçant une activité non commerçante comme les professionnels libéraux dont l’activité est réglementée ou non (avocats, experts-comptables, méde-cins, notaires…) Il est à noter que pour les activités de nature agricole définies aux articles L 311-1 du code rural et de la pêche maritime, le statut du fermage et du métayage s’applique de plein droit.

LES CARACTÉRISTIQUES ESSENTIELLES PROPRES À CHAQUE BAIL

Durée et résiliation :

  • Bail commercial: la durée minimale du bail commercial est de 9 ans. Le preneur dispose de deux possibilités pour mettre fin au bail: à la fin de la période triennale, sans avoir à justifier d’un motif particulier, il doit respecter un préavis de 6 mois avant l’échéance adressé par acte de commissaire de justice ou par À tout moment s’il est admis au bénéfice de ses droits à la retraite du régime social auquel il est affilié, ou bénéficiaire d’une pension d’invalidité attribuée dans le cadre de ce régime social. Le bailleur peut donner congé par acte de commissaire de justice à l’échéance du bail ou à l’expiration d’une période triennale pour l’un des motifs visés à l’article L145-4 du Code de commerce.
  • Bail professionnel : la durée minimale est de 6 ans. Le bail peut être résilié par le preneur à tout moment avec un préavis de 6 mois. Le bailleur doit attendre l’échéance en respectant un préavis de 6 mois

Loyer :

  • Bail commercial : la liberté est de mise quant à la fixation du montant du loyer, la périodicité des versements et le mode de règlement. La révision du loyer peut se dérouler tous les 3 ans à l’issue de chaque période et est encadrée par les règles du plafonnement. Le loyer sera indexé sur l’indice trimestriel des loyers commerciaux publié par l’Institut national de la statistique et des études économiques. Dans le cas où il est rapporté la preuve d’une modification matérielle des facteurs locaux de commercialité ayant elle-même entraîné une variation de plus de 10 % de la valeur locative, la variation de loyer qui découle de cette révision ne peut conduire à des augmentations supérieures, pour une année, à 10 % du loyer acquitté au cours de l’année précédente.
  • Bail professionnel : Le montant du loyer ainsi que les modalités de paiement sont fixés librement. La loi n’impose aucune révision automatique. Le bail peut prévoir une clause d’indexation comme l’ILAT (indice des loyers des activités ter-tiaires). S’il n’existe aucune clause d’indexation, le loyer reste inchangé jusqu’à la fin du contrat.

Charges, travaux, impôts :

  • Bail commercial : le Code du commerce énumère une liste de dépenses que le bailleur ne peut mettre à la charge du preneur (article R145-35 du Code de commerce).
  • Bail professionnel : la répartition des charges, les modalités de travaux, les impôts et taxes sont fixés librement.

Renouvellement :

  • Bail commercial : le renouvellement peut être demandé par le bailleur ou le preneur. Le bailleur le propose en donnant congé par exploit d’huissier 6 mois avant la fin du bail. Le congé indique un nouveau loyer qui peut être déplafonné. Le preneur dispose de trois options : acceptation tacite ou expresse ou acceptation et contestation du loyer devant le tribunal en l’absence d’accord. Le preneur peut demander le renouvellement 6 mois avant la fin du bail ou après. Le bailleur dispose de trois options: acceptation tacite ou expresse, refus avec paiement d’une indemnité d’éviction. Le loyer du bail renouvelé est plafonné sauf si les facteurs locaux de commercialité ont évolué. Le loyer même déplafonné ne peut augmenter de plus de 10 % par an.
  • Bail professionnel : absence de droit au renouvellement.

AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS PROPRES À CHAQUE CONTRAT

Les avantages du bail commercial :

  • La propriété commerciale : la durée de 9 ans minimum permet aux parties d’obtenir une durée contractuelle minimale dans leurs relations, gage de stabilité.
  • Le droit au renouvellement: il constitue un pilier du commerce pour le preneur qui dispose du droit de rester dans les lieux à l’issue des neuf ans. En cas de refus le bailleur doit verser une indemnité d’éviction.
  • Le plafonnement du loyer : lors du renouvellement du bail, la hausse du loyer est en principe plafonnée selon la variation de l’indice (ILC ou ILAT) protégeant ainsi le commerçant contre des augmentations brutales liées à la spéculation immobilière.
  • La protection de la loi Pinel : depuis 2014 la loi encadre strictement la répartition des charges. Le bailleur ne peut plus répercuter les grosses réparations (toiture, murs porteurs) ni les impôts liés à la propriété (sauf taxe foncière) sur le locataire.
  • La cession du bail : le locataire a le droit de céder son bail à l’acquéreur de son fonds de commerce sans que le propriétaire ne puisse s’y opposer (sauf clause d’agrément).
  • La résiliation triennale : le preneur peut donner congé tous les 3 ans offrant une certaine flexibilité malgré l’engagement long.
  • Un droit de préférence légal d’acquisition pour le preneur en cas de vente des murs loués.

Les inconvénients du bail commercial :

  • L’engagement de durée : le locataire est engagé par période de 3 ans, il ne peut pas partir du jour au lendemain. Il doit attendre l’échéance triennale et respecter un préavis de 6 mois par acte d’huissier.
  • La spécialisation: le locataire doit respecter la destination des lieux. S’il veut changer d’activité (déspécialisation) la procédure est complexe et cela peut entraîner une hausse immédiate du loyer.
  • Le coût pour le bailleur : le propriétaire est « marié » avec son locataire. Il est difficile de récupérer son local pour un usage personnel ou pour un autre projet sans payer une indemnité dissuasive.

Les avantages du bail professionnel :

Contrairement au bail commercial qui est encadré par la loi, le bail professionnel laisse une grande liberté contractuelle.

  • Souplesse de sortie du locataire : l’atout majeur, il n’a pas à attendre une échéance triennale, c’est idéal pour une profession libérale qui se développe vite et a besoin de déménager. Le locataire peut quitter les lieux à tout moment après un préavis de 6 mois.
  • Liberté quant à l’aménagement des relations contractuelles au niveau de la rédaction du bail : presque tout est négociable, répartition des charges, des travaux (même les gros travaux prévus à l’article 606 du Code civil), modalités d’indexation du loyer fixées librement.
  • L’engagement est court pour le bailleur : la durée minimale est de 6 ans contre 9 ans pour le bail commercial ce qui permet au propriétaire de récupérer son bien plus rapidement s’il a d’autres projets immobiliers.

Les inconvénients du bail professionnel :

  • Absence de droit au renouvellement ; c’est le point noir pour le preneur. Le bailleur peut au terme des 6 ans refuser de renouveler le bail par simple notification (préavis de 6 mois) sans avoir à justifier d’un motif et sans verser d’indemnité d’éviction.
  • Absence de propriété commerciale : le professionnel libéral ne peut pas valoriser son droit au bail de la même manière qu’un com-mercant. S’il perd son local il peut perdre une partie de sa clientèle ou patientèle sans compensation financière du propriétaire.
  • Les risques de clauses abusives : la liberté contractuelle peut se retourner contre une partie moins bien conseillée. Le bailleur peut par exemple imputer l’intégralité des taxes et grosses réparations au locataire, ce qui est strictement interdit dans les baux commerciaux
  • Sous location restreinte : si le contrat ne le prévoit pas explicitement, la sous-location est interdite ce qui peut freiner le partage de cabinet entre confrères. L’acte authentique est une protection redoutable pour les deux parties au contrat. Il confère date certaine et donne force exécutoire au contrat. Ainsi en cas d’impayés le bailleur possède un titre lui permettant de faire saisir les sommes dues sans passer par un long procès.

Alors que le Tour de France fera étape à Bordeaux le 10 juillet prochain, nous dévoilons un nouveau film qui s’empare avec humour d’un rituel bien connu des Français : la bataille des cadeaux de la caravane publicitaire.

Chaque été, des milliers de spectateurs se massent au bord des routes pour tenter de repartir avec un porte-clés, une casquette ou un goodie lancé depuis les véhicules de la caravane. Un moment populaire, festif… mais parfois propice aux tensions.

C’est précisément ce terrain que nous avons choisi d’explorer pour illustrer, avec autodérision, l’un des conflits les plus répandus du quotidien : le conflit de voisinage.

Une façon de rappeler que les plus petits désaccords peuvent rapidement prendre des proportions démesurées et que les notaires jouent, au quotidien, un rôle essentiel de médiateurs et de tiers de confiance.

Cette campagne marque également le retour d’un duo devenu culte. Les deux voisins étaient apparus pour la première fois en 2018 dans un film devenu viral, mettant en scène un conflit mémorable autour d’une haie taillée en forme de doigt d’honneur.

En cas de conflit de voisinage, n’hésitez pas à consulter votre notaire girondin.

Retrouvez notre campagne, du 24 juin au 7 juillet, dans 89 salles de cinéma de Gironde, à l’occasion de la Fête du Cinéma, ainsi que sur les réseaux sociaux et dans le cadre d’une campagne digitale.

Cette initiative est soutenue par la Banque des territoires, partenaire de la Chambre des notaires de la Gironde dans sa mission d’information et d’accès au droit pour tous.

CHRONIQUE DES NOTAIRES DE LA GIRONDE Outil central de la transmission d’entreprise, le pacte Dutreil permet, sous certaines conditions, de réduire significativement la fiscalité applicable aux donations et successions. Ce dispositif, issu de la loi du 7 août 2003, demeure un levier stratégique pour les dirigeants souhaitant anticiper la pérennité et la gouvernance de leur société.

Anticiper la transmission de son entreprise à titre gratuit constitue une étape clé dans la vie d’un chef d’entreprise. L’objectif étant de préparer l’avenir familial dans le cadre de cette transmission. Toutefois la fiscalité applicable à cette transmission constitue souvent un frein. En effet, des droits de mutation ou de donation s’appliquent lors de ce transfert. Ils sont calculés en fonction de la valeur de l’entreprise ou des titres transmis, et du lien de parenté entre les héritiers et le défunt. Ils peuvent cependant être allégés grâce au pacte Dutreil.

LES AVANTAGES DU PACTE DUTREIL

Le « pacte Dutreil » est un dispositif instauré par la loi n° 2003-721 du 1° août 2003 (dite « loi Dutreil ») afin d’alléger le coût fiscal de la transmission des entreprises.

Ce dispositif fiscal permet de transmettre l’entreprise (par donation ou par succession, qu’elle s’opère en pleine propriété ou dans le cadre d’un démembrement de propriété) avec une exonération partielle des droits de mutation ou de donation à hauteur de 75 % de la valeur des titres ou de l’entreprise, comme l’explique l’article 787 B du Code général des impôts.

Le « pacte Dutreil » permet d’alléger le coût fiscal de la transmission des entreprises.

Plusieurs conditions sont cependant à respecter pour bénéficier de cet allègement.

La loi de finances 2024, prolongée par la loi de finances 2026, a clarifié le périmètre de la loi Dutreil en excluant explicitement les activités de gestion de son propre patrimoine (portefeuilles financiers de simple placement, immobilier locatif patrimonial, etc.).

Concrètement, une société purement patrimoniale (société civile immobilière de location nue, société de gestion de portefeuille personnel, etc.) ne peut plus être logée dans un schéma Dutreil pour bénéficier de l’exonération de 75 %.

Les entreprises individuelles restent éligibles, à condition que l’activité soit bien professionnelle (BIC, BA, BNC) et que les biens transmis soient nécessaires à l’exploitation.

Les sociétés exerçant une activité « mixte » (une partie opérationnelle, une partie de gestion patrimoniale) sont désormais encadrées par la loi : l’activité éligible (opérationnelle) doit être exercée à titre principal.

L’administration et la jurisprudence apprécient ce caractère principal au moyen d’un faisceau d’indices : nature de l’activité, chiffre d’affaires, structure des actifs, moyens humains, etc.

LES CONDITIONS PERMETTANT D’EN BÉNÉFICIER

Afin de bénéficier du pacte Dutreil, il convient de respecter un certain nombre de conditions prévues par la loi :

  • Nature de l’activité de l’entreprise : Le pacte Dutreil peut s’appliquer uniquement si l’activité de l’entreprise est industrielle, commerciale, artisanale, agricole, libérale ou de holding animatrice.
  • L’engagement de conservation des titres de la société : Un engagement collectif de conservation doit avoir été pris : par le défunt ou le donateur pour lui et ses ayants cause à titre gratuit, avec d’autres sociétés, ou par une personne seule pour elle et ses ayants cause à titre gratuit. Pour une durée minimale de deux ans et être en cours au jour de la transmission. Cet engagement porte tout au long de sa durée sur au moins 17% des droits financiers et 34% des droits de vote lorsqu’il s’agit de titres de sociétés non cotées (et sur au moins 10% des droits financiers et 20% des droits de vote s’il s’agit de titres de sociétés cotées). Par ailleurs, il doit y avoir un engagement individuel de conservation des titres que chaque héritier, donataire ou légataire doit prendre dans la déclaration de succession ou l’acte de donation, pour lui et ses ayants cause à titre gratuit, pendant une durée minimum de six ans, depuis la loi de finances 2026, à compter de la fin de l’engagement collectif.
  • Exercice d’une activité au sein de la société : L’un des associés signataires de l’engagement collectif de conservation ou l’un des donataires, héritiers ou légataires doit : exercer son activité professionnelle principale si la société est soumise à l’impôt sur le revenu (sociétés de personnes); ou occuper une fonction de direction (gérant, président, directeur général, etc.) si la société est soumise à l’impôt sur les sociétés. Cette activité doit étre exercée pendant la durée de l’engagement collectif et les trois années suivant la transmission.

Le non-respect des conditions entraîne en effet la remise en cause de l’exonération.

UN SUIVI DANS LA DURÉE

Le pacte Dutreil s’inscrit dans le temps et ne se limite pas à une opération ponctuelle.

Les engagements de conservation doivent être respectés pendant plusieurs années, ce qui implique un suivi attentif. Certains événements peuvent affecter le dispositif, tels qu’une cession de titres, une modification de la gouvernance ou une restructuration de l’entreprise. Il est donc essentiel d’anticiper ces situations et d’en mesurer les conséquences au regard des engagements souscrits.

Le non-respect des conditions entraîne en effet la remise en cause de l’exonéra-tion, avec un rappel de droits potentiellement important, assorti d’intérêts de retard. Les enjeux financiers peuvent alors être significatifs.

STRUCTURATION DU CAPITAL (HOLDING)

La mise en œuvre du pacte Dutreil suppose une analyse approfondie de la structure de l’entreprise.

La présence de sociétés interposées, notamment de holdings, nécessite une vigilance particulière. Il est possible de cumuler pacte Dutreil et holding patrimoniale. Pour autant, des différences notoires s’appliquent selon le fonctionnement de cette structure. En effet :

– si la holding est considérée comme « animatrice » et qu’elle respecte les critères de l’article 23 de la loi de finances 2024 (une holding est qualifiée d’animatrice aux termes de l’article 787 B du CGI lorsqu’elle participe activement à la conduite de la politique de son groupe constitué de sociétés contròlées directement ou indi-rectement, exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale) alors dans ce cas la holding est assimilée à une société opérationnelle.

Ainsi, les titres de la holding peuvent bénéficier de l’exonération partielle de 75 % prévue par le Pacte Dutreil :

– si en revanche la holding est dite « passive » (la holding se limite à la gestion de participations sans animer ses filiales) alors dans ce cas l’exonération Dutreil ne s’applique pas sur la totalité des parts de la holding, mais uniquement au prorata des actifs éligibles.

UN OUTIL D’ANTICIPATION ET D’ORGANISATION PATRIMONIALE

En garantissant continuité et stabilité patrimoniale, le pacte Dutreil offre aux héritiers repreneurs la possibilité de poursuivre l’activité familiale sans devoir céder d’actifs pour faire face à la fiscalité successorale, ce qui en fait un outil clé parmi les stratégies de transmission. Toutefois, ce dispositif demeure l’objet de nombreux débats et une éventuelle réforme pourrait complexifier les règles de transmission, renforçant ainsi l’importance cruciale d’une anticipation rigoureuse.

LA SÉCURISATION DE L’OPÉRATION

Le rôle du notaire est déterminant car il accompagne le chef d’entreprise à chaque étape du projet de transmission. Son intervention débute par une analyse globale de la situation patrimoniale et professionnelle. Il identifie les objectifs poursuivis, qu’ils soient fiscaux, familiaux ou économiques, puis propose des solutions adaptées.

Le notaire veille ensuite à la rédaction des actes et à la conformité des engagements. Il s’assure que l’ensemble des conditions du dispositif sont respectées et que la transmission est juridiquement sécurisée.

Son rôle s’exerce en coordination avec les autres conseils de l’entreprise, notamment l’expert-comptable et l’avocat, afin de garantir la cohérence globale du schéma retenu.

Article 1 – Organisateur

La Chambre des notaires de la Gironde, ci-après dénommée « l’Organisateur », organise un jeu-concours gratuit sans obligation d’achat intitulé « Une donation qui va faire du bruit », diffusé sur le réseau social Instagram.

Ce jeu-concours se déroulera du 26 mai 2026 au 1er juin 2026 inclus, selon les modalités décrites dans le présent règlement.

Article 2 – Conditions de participation

Le jeu-concours est ouvert à toute personne physique majeure résidant en France métropolitaine, disposant d’un compte Instagram personnel et respectant les conditions d’utilisation d’Instagram.

Sont exclus de la participation :

  • Les membres du personnel de l’Organisateur ;
  • Toute personne ayant participé directement ou indirectement à l’organisation du concours ;
  • Les membres de leur foyer.

La participation est gratuite et sans obligation d’achat.

Article 3 – Modalités de participation

Pour participer au jeu-concours, les participants doivent, avant le 1er juin 2026 à 12h00 :

  • Être abonnés au compte Instagram de la Chambre des notaires de la Gironde ;
  • Aimer (« liker ») la publication du concours ;
  • Commenter la publication en identifiant la personne avec laquelle ils souhaitent assister au Festival ODP ainsi que le jour souhaité.

Chaque participant peut également partager la publication en story afin de doubler ses chances lors du tirage au sort.

Une seule participation par personne (même compte Instagram) sera prise en compte, hors partage en story donnant une chance supplémentaire.

Toute participation incomplète, frauduleuse, non conforme ou effectuée après la date limite sera considérée comme nulle.

Article 4 – Désignation des gagnants

Le tirage au sort sera effectué le 1er juin 2026 parmi l’ensemble des participations conformes.

Cinq (5) gagnants seront désignés.

Les gagnants seront contactés par message privé sur Instagram dans un délai de 72 heures suivant le tirage au sort.

Sans réponse de leur part dans un délai de 5 jours calendaires après l’envoi du message, le lot sera considéré comme abandonné et un nouveau tirage pourra être effectué.

Article 5 – Dotations

Le jeu-concours permet de remporter :

  • 5 lots de 2 places pour le Festival ODP 2026 à Talence ;
  • Soit un total de 10 places.

Les places sont valables pour la journée indiquée par le participant lors de son commentaire, sous réserve de disponibilité.

Les lots ne pourront donner lieu à aucune contrepartie financière, échange ou remboursement.

Article 6 – Responsabilité

L’Organisateur ne saurait être tenu responsable :

  • En cas de dysfonctionnement du réseau Internet, d’Instagram ou de tout problème technique empêchant la participation ;
  • En cas d’annulation ou de modification de l’événement par les organisateurs du Festival ODP ;
  • De toute fraude ou tentative de fraude.

L’Organisateur se réserve le droit d’écourter, prolonger, modifier ou annuler le concours en cas de force majeure ou de circonstances indépendantes de sa volonté.

Article 7 – Données personnelles

Les données personnelles éventuellement collectées dans le cadre du jeu-concours sont destinées uniquement à l’Organisation du concours et à la prise de contact avec les gagnants.

Conformément à la réglementation applicable en matière de protection des données personnelles, les participants disposent d’un droit d’accès, de rectification et de suppression des données les concernant.

Article 8 – Acceptation du règlement

La participation au jeu-concours implique l’acceptation pleine et entière du présent règlement.

Le règlement est accessible via le lien figurant dans la biographie (« bio ») du compte Instagram de la Chambre des notaires de la Gironde pendant toute la durée du concours.

ÉDITO – Changement de décor dans les meublés

Prisés pour leur situation, appréciés pour leur décoration, les meublés de tourisme type Airbnb savent recevoir. À tel point qu’ils représentent près de 30 % des séjours touristiques. Balade à caractère œnologique, escapade à vocation océanique ou découverte du Bordeaux historique… voilà des hébergements qui se prêtent idéalement à la vocation de notre département qui met en valeur ses nombreux atouts.

Cependant, le succès des meublés ne vient-il pas faire un peu d’ombre au parc immobilier et hôtelier ? En effet, l’offre aspire une part du nombre de logements qui pourraient se destiner à la location longue durée. De plus, elle vient se substituer aux capacités d’hébergement des professionnels de l’hôtellerie.

Face au charme des meublés de tourisme, la loi Le Meur de novembre 2024 pose un cadre réglementaire. Il vise à réguler l’offre de logements saisonniers en accordant plus de pouvoirs aux maires notamment. À commencer par les autorisations d’ouverture des meublés qui se voient délivrées par les mairies. S’ajoutent des quotas de logements pouvant être fixés dans le cadre du PLU (plan local d’urbanisme). Et dans les zones tendues comme Bordeaux, la durée de location peut être limitée à 90 jours par an.

Nouveauté ! À partir du 20 mai prochain, la procédure d’enregistrement des meublés devient obligatoire sur une plateforme dédiée, comme www.declaloc.fr.

Changement de tonalité dans les immeubles également… Les copropriétaires peuvent donner une certaine coloration en interdisant les meublés de tourisme au sein de leur résidence. Soumise au vote, cette décision requiert la majorité des deux tiers. 

Sans oublier l’indispensable touche de vert ! Progressivement, les meublés de tourisme vont devoir imiter le parc locatif classique avec l’obtention d’une classe énergie efficiente, A, B ou C.

Ces nouvelles dispositions visent bien sûr à offrir une meilleure qualité de prestations.  À la clé, un cadre qui apporte un environnement toujours plus sécurisant tout en conservant le côté dépaysant du meublé, tant pour les propriétaires que pour les locataires.

Me Sébastien ARTAUDPrésident de la Chambre des notaires de la Gironde

 

Dispositif « Jeanbrun » : nouveau statut pour le bailleur privé

Malmenés par une rentabilité dégradée, les investisseurs pouvaient être tentés de s’intéresser à d’autres placements que l’immobilier. Leur nouveau statut de bailleur privé leur permet de retrouver le sourire puisqu’ils peuvent mieux amortir le coût d’acquisition de leur appartement locatif.

De la visibilité et de l’attractivité avec l’immobilier, les investisseurs en attendaient depuis l’arrêt du dispositif Pinel fin 2024. La loi de finances pour 2026 – loi n° 2026-103 du 19 février dernier – vient les stimuler avec le nouveau  » statut de bailleur privé « . Il repose sur un dispositif d’amortissement fiscal qui redonne de l’intérêt aux biens destinés à être proposés sur le marché locatif.

BÂTI POUR AMORTIR !

Dans une logique de relance du marché immobilier avec l’objectif de construire 2 millions de logements supplémentaires à l’horizon 2030, le gouvernement a souhaité mettre en place un nouveau dispositif fiscal à destination des investisseurs en immobilier pour la période 2026-2028 sur tout le territoire, sans zonage géographique.

Ce dernier repose sur un constat assez simple : un logement, qu’il soit loué meublé ou nu, se dégrade avec le temps, il vieillit, s’use et nécessite un entretien constant. Face à ce constat, le gouvernement permet aux investisseurs de déduire progressivement la valeur du logement de leurs revenus locatifs.

Concrètement, ce dispositif fiscal s’applique aussi bien à la location meublée qu’à la location nue et permet chaque année de déduire une fraction du prix du logement bâti (hors valeur du terrain qui demeure non amortissable) des revenus fonciers dégagés, ce qui implique ipso facto une réduction de l’assiette imposable au regard de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux.
 
CONSTRUIT POUR Y VIVRE
 
Les conditions d’éligibilité au dispositif  » Jeanbrun  » s’avèrent néanmoins très encadrées :
  • le logement doit être situé dans un immeuble collectif (hors maison individuelle), peu importe la ville, en zone urbaine ou rurale ;
Il peut dépendre : 
  • d’un immeuble ancien, à condition de réaliser des travaux importants, notamment d’amélioration des performances énergétiques, représentant a minima 30 % du prix d’acquisition total,
  • d’un immeuble neuf ou en l’état futur d’achèvement (avec un permis de construire déposé à partir du 1er janvier 2026) ;
  • Faire l’objet d’une location nue ou meublée d’une durée minimum de 9 ans dans les 12 mois suivant l’achèvement ou l’acquisition du bien ;
  • constituer la résidence principale du locataire (hors membre du foyer fiscal ou membre de la famille jusqu’au 2e degré) ;
et respecter les plafonds de loyers et de ressources des locataires fixés par le Code général des impôts au regard de zones déterminées : 
  • loyer intermédiaire (identique aux dispositifs Pinel et Denormandie) ;
  • loyer social et très social (type conventionnement ANAH/Loc’Avantage).
Sur ce dernier point, le raisonnement retenu par le gouvernement vise à encourager l’investisseur immobilier à fixer son loyer de 45 % à 15 % en-dessous du marché locatif pour lui offrir un taux d’amortissement plus important.
 

INVESTIR POUR DÉDUIRE

À la différence de l’ancien dispositif  » Pinel  » qui limitait l’amortissement aux revenus fonciers, celui issu du dispositif  » Jeanbrun  »  pourra être déduit de l’ensemble des revenus imposables du contribuable, au même titre que les travaux réalisés sur un logement ancien. Cela présente un atout non négligeable pour les investisseurs au taux marginal d’imposition important.

À ce titre, il faut retenir les chiffres suivants :

  • un loyer intermédiaire permettra selon que le logement est neuf ou ancien – sous réserve de travaux équivalents au moins à 30 % du prix d’achat – de bénéficier d’un taux d’amortissement de 3 % ou 3,5 % par an, le tout dans la limite d’un plafond annuel de déduction fixé à 8 000 € ;
  • un loyer social permettra quant à lui de bénéficier d’un taux d’amortissement de 4,5 % ou 3,5 % par an, selon qu’il est neuf ou ancien (avec travaux), pour un plafond annuel de déduction fixé à 10 000 euros ;
  • enfin, un loyer très social ouvrira droit à un amortissement de 5,5 % ou 4 % par an selon qu’il est neuf ou ancien (avec travaux), pour 12 000 euros de plafond annuel d’amortissement.

Exemple : prenons le cas d’un investisseur immobilier dont le taux marginal d’imposition est de 45 %, qui vient tout juste d’acquérir un appartement de rapport dans un immeuble neuf pour un prix de 240 000 € via un emprunt bancaire et qui désire le louer nu.
Le loyer fixé par ce dernier se situe dans les critères du secteur intermédiaire soit 13 500 € annuel équivalant à 1 125 € par mois. Les intérêts du prêt représentent une somme de 4 000 € et les autres charges, comme la taxe foncière, une charge de 1 500 €.

Grâce au régime de bailleur privé issu du dispositif  » Jeanbrun « , l’investisseur immobilier va pouvoir réaliser le bilan suivant (voir tableau). L’économie réalisée par rapport au régime de droit commun est d’environ 5 000 €. Attention toutefois, en cas de revente du logement, l’amortissement réalisé sera réintégré en partie pour le calcul de la plus-value immobilière.  

En définitive, ce dispositif trouvera son intérêt au regard de la situation fiscale de l’investisseur, notamment si son taux d’imposition est élevé, du logement concerné, ancien ou neuf, et du loyer escompté. Il ne reste plus qu’à espérer une publication rapide des décrets d’application.

Me Arnaud ROSSI Notaire à Bordeaux

CHRONIQUE DES NOTAIRES DE LA GIRONDE – La fiducie s’impose progressivement comme un outil de gouvernance patrimoniale à part entière.

Dans un contexte de fragilisation des équilibres familiaux et de vieillissement de la population, elle ouvre des perspectives nouvelles pour sécuriser la gestion des actifs et anticiper les situations de vulnérabilité.

Dans les dossiers familiaux, le notaire fait face à deux réalités : la première, celle du tangible, du patrimoine, faite d’actifs et de passifs ; la seconde, plus discrète, faite de fragilités humaines, de tensions latentes, de risques futurs, d’indivisions figées ou de vulnérabilités. Bien souvent, la question du déficit de gouvernance est centrale : qui décidera demain, selon quelles règles, avec quel contrôle, et avec quelle fidélité à ma volonté initiale ?

Introduit en 2007 dans le Code civil, le contrat de fiducie permet à un constituant de transférer des biens ou droits à un fiduciaire, avec l’obligation pour celui-ci d’agir dans un but déterminé au profit de bénéficiaires. Ces biens forment un patrimoine séparé, distinct du patrimoine personnel du fiduciaire. Si la fiducie est de lege lata bridée par l’interdiction de la fiducie-libéralité, elle trouve néanmoins des applications pratiques essentielles en matière familiale.

CARACTÉRISTIQUES JURIDIQUES ESSENTIELLES

Les parties :

Le constituant peut être une personne physique ou morale. Le fiduciaire doit être un établissement de crédit, une entreprise d’investissement, une entreprise d’assurance ou un avocat. Les bénéficiaires peuvent être des personnes physiques ou morales, у compris le constituant lui-même.

Durée et forme :

La fiducie est limitée à 99 ans. Elle doit être conclue par écrit et, lorsqu’elle porte sur un bien dépendant d’une communauté ou d’une indivision, par acte notarié à peine de nullité. Elle prend fin notamment par le décès du constituant personne physique (saut fiducie-sûreté), par la survenance du terme ou par la réalisation du but poursuivi.

La fiducie trouve son domaine à des fins d’administration et de gestion, ainsi qu’à la constitution de garanties et sûretés. Nous nous intéresserons à la fiducie en tant qu’outil de protection des vulnérabilités.

La vulnérabilité familiale peut être psychique, financière ou sociale. La fiducie peut devenir un outil de mise en œuvre patrimoniale protectrice, complémentaire des mandats de protection future, post mortem ou des mesures judiciaires. Elle peut permettre de répondre aux besoins de protection d’un enfant vulnérable, de sécuriser une transmission de patrimoine ou d’organiser le financement d’une éventuelle dépendance.

L’ASSOCIATION FIDUCIE ET MANDAT DE PROTECTION FUTURE

Dans la continuité des réflexions sur le mandat de protection future, la fiducie peut devenir un complément indispensable pour sanctuariser les moyens financiers destinés à la dépendance. Une prévoyance complète pourrait associer ces deux outils dans une logique de sécurisation patrimoniale globale.

Un exemple: anticiper une perte d’autonomie

Monsieur B., 68 ans, a constitué une épargne de 300 000 euros sur un contrat de capitalisation pour financer son maintien à domicile en cas de dépendance. Il craint que ses enfants, peu présents, ne gèrent mal ces fonds ou ne les utilisent à d’autres fins.

Solution mise en œuvre

Monsieur B. conclut simultanément un mandat de protection future au profit de son neveu (pour les décisions personnelles et médicales), et un contrat de fiducie à effet différé portant sur le contrat de capitalisation. La condition suspensive du transfert en fiducie pourrait être l’activation du mandat de protection future. Une fois la condition réalisée, le fiduciaire (établissement bancaire) gère exclusivement les capitaux pour financer le maintien à domicile. Si un placement en établissement devient nécessaire, le fiduciaire assure le règlement des mensualités d’hébergement.

UNE GOUVERNANCE SUR MESURE

La fiducie se distingue par sa souplesse contractuelle. Le fiduciaire, bien que titulaire exclusif des biens, agira sous le contrôle de « tiers protecteurs » (article 2017 du Code civil) désignés dans le contrat : proches du constituant, conseils de confiance ou membres de la famille. Ces tiers protecteurs veillent à la préservation des intérêts du constituant.

Le risque d’ouverture d’une mesure judiciaire de protection, en cas de révocation du mandat de protection future par suite du décès ou de la renonciation du mandataire, est aussi paré s’agissant du patrimoine affecté (art. 2022 du Code civil).

DE LEGE FERENDA : VERS UNE FIDUCIE PATRIMONIALE ÉLARGIE

Le colloque « Offre de loi : pour une fiducie patrimoniale », organisé le 14 octobre 2025 à la Sorbonne, a réuni universitaires, praticiens et magistrats autour de trois enjeux majeurs : la protection des personnes vulnérables, la pérennité des entreprises familiales et le développement de la philanthropie.

Une proposition de loi n° 2179 a été déposée le 2 décembre 2025 à l’Assemblée nationale, relative à l’extension de la fiducie.

Ce texte vise à :

  • Permettre l’utilisation de la fiducie pour la gestion du patrimoine des mineurs et majeurs protégés, répondant ainsi au vieillissement de la population ;
  • Autoriser la fiducie-libéralité afin de permettre les transmissions à titre gratuit tout en préservant les droits des héritiers réservataires ;
  • Faciliter la transmission d’entreprise en évitant la désorganisation et la perte de valeur en cas de décès ou de perte de capacité soudaine du chef d’entreprise ;
  • Développer la philanthropie en offrant aux donateurs un outil de contrôle de l’emploi des actifs transmis aux organismes d’intérêt général.

Me Stéphan GARBUÏO, notaire à Pessac

CHRONIQUE DES NOTAIRES DE LA GIRONDE Comment le chef d’entreprise individuelle peut-il sécuriser son patrimoine privé face aux risques professionnels ?

Se lancer dans la création d’une entreprise, quelle que soit sa taille, est un choix audacieux mais risqué pour le chef d’entreprise souhaitant exercer en la forme individuelle.

Outre les nombreuses étapes liées aux formalités administratives et fiscales qu’il faudra franchir pour que son entreprise puisse exister, viendra alors le temps de se poser la question suivante: ma résidence principale est-elle bien protégée ? Quelles sont les règles en la matière en droit français ?

DE L’INSAISISSABILITÉ VOLONTAIRE À L’INSAISISSABILITÉ AUTOMATIQUE

Le régime applicable avant la loi du 7 août 2015 :

Selon l’article 2284 du Code civil modifié par l’ordonnance du 23 mars 2006, il est prévu par principe ce qui suit : « Quiconque s’est obligé personnellement est tenu de remplir son engagement sur tous ses biens mobiliers et immobiliers, présents et à venir ».

Plus encore, selon l’article 2285 du même Code modifié par la même ordonnance : « Les biens du débiteur sont le gage commun de ses créanciers ; et le prix s’en distribue entre eux par contribution, à moins qu’il n’y ait entre les créanciers des causes légitimes de préférence ».

Ainsi, à défaut d’avoir opté pour une forme sociétale limitant la poursuite des créanciers aux apports effectués, les biens même personnels du chef d’entreprise individuelle pouvaient alors être poursuivis sauf à prouver qu’il s’agissait d’un bien propre appartenant à son conjoint non commerçant et ne travaillant pas dans l’entreprise.

Il existe des outils juridiques qui permettent également d’isoler le patrimoine personnel

Il y avait donc inévitablement un vide juridique comblé par la loi n° 2003-721 du 1 août 2003 codifiée dans le Code de commerce aux articles L 526-1 et suivants modifiés par la loi 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l’éco-nomie. Celle-ci a offert alors au chef d’entreprise individuelle la possibilité d’établir une déclaration d’insaisissabilité de sa résidence principale et de la soustraire du gage des créanciers professionnels.

Ainsi les commerçants, artisans, agents commerciaux, agriculteurs, professionnels libéraux ainsi que tous ceux qui exerçaient leur activité en autoentreprise pouvaient y recourir.

Néanmoins, cette nouvelle faculté ne s’appliquait pas automatiquement (article L 526-1 du Code de commerce). Cela supposait l’etablissement d’un acte notarié authentique car cette déclaration devait être publiée aux services de la publicité foncière. Elle n’avait d’ailleurs d’effet qu’à l’égard des créanciers dont les créances naissaient postérieurement à la publication de ladite déclaration.

On notera que ce régime est toujours en vigueur pour les biens immobiliers autres que ceux constituant la résidence principale.

LA LOI MACRON DU 7 AOÛT 2015 : UNE RÉFORME MAJEURE

Depuis le 7 août 2015 créant l’article L526-1 du Code de commerce qui indique: « Par dérogation aux articles 2284 et 2285 du Code civil, les droits d’une personne physique immatriculée au registre national des entreprises sur l’immeuble où est fixée sa résidence principale sont de droit insaisissables par les créanciers dont les droits naissent à l’occasion de l’activité professionnelle de la personne (…) ».

Ainsi la résidence principale de l’entrepreneur individuel est devenue insaisissable de plein droit par les créanciers professionnels.

Cela signifie qu’il n’existe plus de formalité à entreprendre pour rendre sa résidence principale insaisissable donc il n’existe plus de nécessité de signer un acte notarié authentique ou DNI.

Néanmoins, la résidence secondaire n’est pas concernée par cette protection et requiert encore une déclaration notariée qui sera alors publiée pour être opposable aux créanciers comme indiquée ci-dessus.

LA CRÉATION DU STATUT D’ENTREPRENEUR INDIVIDUEL PAR LA LOI DU 14 FÉVRIER 2022

La loi du 14 février 2022 a supprimé le statut de l’entreprise individuelle à responsabilité limitée (EIRL) qui avait été créé pour permettre aux entrepreneurs de définir un patrimoine d’affection (définition du dictionnaire juridique: « le patrimoine d’affection est constitué par l’ensemble des biens qui appartiennent à une personne physique ou morale. Le patrimoine inclus les droits et actions s’y rapportant »).

Jugée trop contraignante en termes de formalités administratives, la loi du. 14 février 2022 a supprimé l’EIRL et a fait naître un statut unique, l’entreprise indi-viduelle, où patrimoine personnel et professionnel sont désormais automatiquement séparés. Une simple formalité est désormais à cocher lors de l’inscription de l’entreprise individuelle auprès de l’INPI.

Ainsi, seuls les éléments utiles à l’activité professionnelle peuvent être saisis par les créanciers professionnels. La résidence principale reste dans le « compartiment » personnel, totalement hermétique.

LES AUTRES MÉCANISMES DE PROTECTION À LA DISPOSITION DU CHEF D’ENTREPRISE

Plus généralement, il existe des outils juridiques qui permettent également d’isoler le patrimoine personnel du droit de poursuite des créanciers professionnels dont nous ferons une brève présentation.

La société civile immobilière ou SCI

Détenir sa résidence (ou même ses résidences) via une société civile immobilière permet de la détacher de la personne physique pour la rattacher à une personne morale.

Il existe tout de même un risque : s’il est prouvé que la gestion de la SCl est opaque (voir en cas de confusion des patrimoines), les juges pourraient lever la protection et rendre le bien saisissable.

Le démembrement de propriété

En cas d’acquisition de sa résidence en démembrement et en particulier de l’acquisition de l’usufruit de sa résidence par le chef d’entreprise, le créancier ne pourrait saisir que ce droit temporaire.

Le choix du régime matrimonial adapté

Le choix du régime de séparation des biens peut paraître judicieux et permettra une liberté dans la prise de décision et d’action, l’accord du conjoint n’étant pas requis pour engager le patrimoine.

LES LIMITES DE LA PROTECTION

Comme rien n’est jamais absolu en droit, il existe des situations qui peuvent rendre la résidence principale vulnérable. Nous ferons un simple état de ces cas (liste non exhaustive).

La caution personnelle

L’article 2288 du Code civil définit le cautionnement comme « le contrat par lequel une caution s’oblige envers le créancier à payer la dette du débiteur en cas de défaillance de celui-ci ». Ce type d’engagement a pour effet, lors de la souscription d’un prêt professionnel par exemple, de renoncer volontairement à l’insaisissabilité. Le patrimoine personnel redevient alors la garantie du prêteur.

Les dettes fiscales et sociales

L’insaisissabilité de plein droit n’est pas opposable à l’administration fiscale en cas de manœuvres frauduleuses ou d’inobservation grave et répétée des obligations fiscales.

La confusion des patrimoines

La confusion des patrimoines se caractérise par le fait que plusieurs entités juridiquement différentes agissent comme si elles n’en formaient qu’une seule laissant ainsi croire aux tiers qu’ils sont face à une seule personne.

C’est d’ailleurs cet argument qui est le plus souvent utilisé par les tribunaux pour poursuivre le patrimoine personnel du chef d’entreprise en sus de son patrimoine professionnel.

Le conseil majeur dans cette situation serait l’anticipation. Le mieux reste toujours de préparer et d’organiser son patrimoine dès que le projet de création d’entreprise est lancé et de contacter des professionnels en la matière.

Rapprochez-vous de votre notaire, conseil particulier spécialisé des entrepreneurs dans l’organisation et la préservation du patrimoine.

Me LAURE PERIGNON – notaire à Léognan

Retrouvez ici les chiffres clés de l’immobilier en Gironde, en 2025. Une analyse globale du marché immobilier girondin, afin de mieux comprendre les dynamiques et les évolutions de notre département.

 

 

 

 

 

Aussi, ouvrez toujours l’oeil, la Chambre des Notaires de la Gironde s’affiche dans tout le département à travers une sélection de villes représentatives pour mettre en avant la diversité de son territoire : Lacanau, Hourtin, Vendays-Montalivet, Le Verdon-sur-Mer, Saint-Laurent-Médoc, Carcans, Margaux-Cantenac, Créon, Camblanes-et-Meynac, Latresne, Bazas, Podensac, et Castillon-la-Bataille.

CHRONIQUE DES NOTAIRES DE LA GIRONDE – Réaliser des travaux est une étape importante qui nécessite de naviguer dans un cadre réglementaire strict. Voici les points essentiels pour comprendre le processus, de la demande initiale jusqu’à la fin du chantier.

Le permis de construire est l’autorisation de principe pour les constructions

neuves ou les travaux importants sur l’existant. Il s’inscrit dans un ensemble plus large d’autorisations d’urbanisme visant à assurer la conformité des projets aux règles d’occupation et d’utilisation des sols prévues par la loi. Une analyse objective est indispensable, car une erreur peut entraîner l’irrégularité de votre bâtiment.

Un permis est généralement requis si vos travaux :

  • Créent plus de 20 m2 de surface de plancher ou d’emprise au sol.
  • Modifient les murs porteurs.
  • Changement de destination (ex : transformer un garage en chambre) pour une surface plus de 20 m.
  • Concernent un immeuble dans un secteur protégé.

En dessous de ces seuils (entre 5 et 20 m2), une simple déclaration préalable de travaux suffit souvent.

Une déclaration préalable est aussi suffisante en cas de modification de l’aspect extérieur (changement de fenêtre, porte, pose de clôture, etc.). Une erreur d’appréciation quant au régime applicable est susceptible d’entraîner l’irrégularité de la construction, avec des conséquences civiles, administratives et pénales importantes.

L’instruction : les délais à connaître

Une fois votre dossier déposé en mairie, l’administration dispose d’un mois pour réclamer au pétitionnaire des pièces manquantes. Passé ce délai, elle ne peut plus interrompre l’instruction pour ce motif.

Le délai d’examen est normalement de :

  • 2 mois pour une maison individuelle.
  • 3 mois pour les autres projets.

Attention aux obstacles : même avec un accord de la mairie, d’autres règles peuvent bloquer votre projet.

Dans les lotissements, le cahier des charges peut interdire certains types de constructions (interdiction de toitures plates, limitation de hauteur, destination exclusivement résidentielle, etc.). Même lorsque les règles d’urbanisme du lotissement, contenu dans le règlement du lotissement, sont frappées de caducité, les stipulations contractuelles du cahier des charges demeurent opposables entre colotis tant qu’elles n’ont pas été régulièrement modifiées ou supprimées.

Il est recommandé de faire constater l’affichage par un commissaire de justice pour sécuriser votre projet

En copropriété, un projet soumis à une autorisation d’urbanisme, nécessite en amont une autorisation préalable du syndicat des copropriétaires. Un refus de l’assemblée générale rend juridiquement inexploitable un permis de construire pourtant régulier sur le plan de l’urbanisme.

S’ajoutent les contraintes issues du PLU, parfois incompatibles avec le projet (implantation, emprise, stationnement, protection patrimoniale), ainsi que certaines obligations préalables, telles que la production d’une étude géotechnique Gl en zone argileuse ou le bornage du terrain, indispensable à la sécurité foncière du projet.

Le défaut de diligence du pétitionnaire face à ces contraintes peut conduire à un refus de permis, à l’annulation de l’autorisation délivrée ou à l’impossibilité de régulariser ultérieurement la construction.

Le permis définitif : attention aux recours

Obtenir le permis ne signifie pas qu’il est définitif. Il peut être contesté pendant un certain temps :

  • Par l’administration (retrait) : elle peut retirer le permis s’il est illégal, dans un délai de 3 mois à compter de la délivrance du permis.
  • Par les tiers (recours) :
  • vos voisins peuvent contester le permis s’ils justifient d’un préjudice auprès de l’autorité qui a délivré l’autorisation d’urbanisme (recours gracieux) ou auprès du tribunal administratif (recours judiciaire).

Ils disposent de 2 mois à compter du premier jour où l’autorisation d’urbanisme est affichée sur le bien.

L’affichage doit être continu, visible et lisible pendant 2 mois. Il est fortement recommandé de faire constater cet affichage par un commissaire de justice pour sécuriser votre projet.

Dès lors si en tant qu’acquéreur une condition suspensive d’obtention d’autorisation définitive a été stipulée, le délai entre l’avant-contrat et l’acte définitif se retrouve fortement rallongé.

La phase travaux : s’assurer pour construire sereinement

Avant de commencer, le pétitionnaire doit déposer en mairie une déclaration d’ouverture de chantier.

Sur le plan assurantiel, la souscription d’une assurance dommages-ouvrage par toute personne faisant réaliser des travaux ou construction constitue une protection cruciale. Cette assurance a pour finalité de préfinancer, sans recherche de responsabilité, les désordres relevant de la garantie décennale.

En pratique, il n’est pas rare que le vendeur reconnaisse n’avoir souscrit aucune assurance dommages-ouvrage lors de travaux de rénovation.

L’acquéreur doit alors être expressément informé des conséquences d’une telle absence : allongement des délais d’indemnisation, procédures judiciaires complexes et risque financier accru.

Indépendamment de cette assurance, les travaux demeurent soumis au régime de la responsabilité décennale, laquelle pèse sur les constructeurs et, le cas échéant, sur le vendeur-constructeur, pendant 10 ans pour les dommages compromettant la solidité du bâtiment.

En l’absence d’assurance de responsabilité décennale souscrite par le constructeur, le vendeur s’expose à une mise en cause personnelle en cas de sinistre : l’acquéreur devant alors exercer directement contre lui les recours nécessaires.

Fin du chantier et conformité

Une fois les travaux terminés, le pétitionnaire doit déposer une déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux (DAACT).

Une erreur peut entraîner l’irrégularité de votre bâtiment

L’administration dispose alors d’un délai de récolement de 3 à 5 mois (selon le secteur) pour contrôler la conformité des travaux ou de la construction avec l’autorisation urbanisme délivrée. Elle procède à un contrôle sur pièces ou sur place. Passé ce délai, elle ne peut plus contester vos travaux et délivrera un certificat de conformité des travaux (s’il y a eu contrôle effectif) ou un certificat de non-contestation à la conformité (s’il n’y a pas eu de contrôle effectif).

L’absence de conformité des travaux aux prescriptions du permis de construire est susceptible d’emporter des sanctions pénales, civiles et administratives, dont la gravité justifie une vigilance accrue du pétitionnaire au stade de l’achèvement de l’ouvrage.

  • Pénal : Amende lourde : entre 1 200 euros et 6 000 euros par mètre carré irrégulier et risque de prison en cas de récidive. Prescription 6 ans à compter de l’achèvement des travaux.
  • Civil à l’initiative des tiers : Un voisin justifiant d’un préjudice peut demander la démolition si les règles d’urbanisme sont violées ou des dommages et intérêt. Prescription : 10 ans à compter de l’achèvement des travaux.
  • Civil à l’initiative de la collectivité : permet à la commune ou à l’établissement public de saisir le tribunal judiciaire afin de faire ordonner la démolition ou la mise en conformité d’un ouvrage édifié sans autorisation ou en méconnaissance de celle-ci. Prescription : 10 ans à compter de l’achèvement des travaux.
  • Administratif :

1- permet à l’administration, en cas de dépôt ultérieur d’une autre demande d’autorisation d’urbanisme, de demander la mise en conformité des travaux litigieux au pétitionnaire avant de traiter ladite demande. Et faute de mise en conformité, l’administration pourra refuser l’octroi de cette autre autorisation d’urbanisme.

2- en cas de destruction de l’immeuble par sinistre, la reconstruction à l’identique ne pourra être revendiquée de plein droit que s’il est établi que l’ouvrage a été régulièrement édifié. Sans quoi une nouvelle demande d’autorisation d’urbanisme devra être faite. Le risque est que les prescriptions (PLU ou autre) ont pu changer, de sorte que le permis de construire de l’époque qui avait été accepté, peut se retrouver aujourd’hui refusé car illégal. 

 

EDITO – Belle évolution statutaire !

Ils ne s’attendaient pas à une telle promotion tant leur contribution au service du logement manquait de reconnaissance depuis quelques années…

En effet, les investisseurs immobiliers semblaient exclus de toute progression car les incitations à proposer un logement locatif suscitaient plutôt de la frustration. Arrêt de la loi Pinel, rabotages fiscaux en LMNP (loueur en meublé professionnel)…. l’immobilier limitait plutôt les initiatives à caractère patrimonial.

Heureusement, le vote du budget 2026 vient récompenser les porteurs de projets immobiliers en leur accordant le « statut de bailleur privé ». Au-delà du titre honorifique auquel les investisseurs peuvent prétendre, il faut voir dans ce nouveau dispositif le moyen d’activer des leviers fiscaux attractifs.

Dans le cadre d’une location longue durée, il se traduit par un amortissement sous conditions sur le prix d’acquisition d’un appartement neuf ou ancien réhabilité. Le taux va se situer de 3 à 5,5 % de la valeur du bien pouvant être déduite des loyers, sur une période de 12 ans au plus.

L’autre récompense nous vient de la prolongation jusque fin 2027 du « super déficit » foncier dont le seuil se situe à 21 400 €, au lieu de 10 700 €. À condition de réaliser des travaux de rénovation énergétique dans un logement loué nu, cette somme peut donc être imputée sur le revenu.

Autre motif de satisfaction, le budget 2026 dispense les propriétaires de gîtes ruraux de s’acquitter de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. De plus de 1000€ en moyenne, l’exonération de cette imposition va améliorer la rentabilité des locations, et aussi contribuer au développement du tourisme rural.

Les motivations des bailleurs à accéder à ce nouveau statut vont sans doute se traduire par de nombreuses sollicitations…

Il faut profiter de cette loi de finances 2026 qui autorise une belle promotion grâce à l’immobilier.

Maitre Sébastien ARTAUD – Président de la Chambre des notaires de la Gironde

LOCATION-GÉRANCE – Un outil simple mais encadré

Quand la cession d’une entreprise risque d’entraîner trop de frustrations pour son dirigeant-fondateur, il faut envisager une autre option. La location-gérance lui permet de confier les clés à une autre direction, tout en conservant la propriété.

La location gérance régie par les articles L 144-1 et suivants du Code de commerce, longtemps considérée comme un dispositif marginal, s’impose aujourd’hui comme un véritable levier stratégique pour les entrepreneurs. Entre souplesse d’exploitation, transmission progressive et sécurisation financière, ce mécanisme, qui permet à un propriétaire de confier l’exploitation de son fonds de commerce à un gérant moyennant redevance, séduit autant qu’il nécessite vigilance. Décryptage d’un outil dont l’usage s’est nettement démocratisé depuis les réformes récentes.

UN DISPOSITIF AVANTAGEUX POUR LE PROPRIÉTAIRE DU FONDS (LOUEUR)

Pour le loueur, l’intérêt est évident : continuer à percevoir un revenu régulier tout en se déchargeant du quotidien de l’exploitation. Rester propriétaire tout en cédant les rênes opérationnelles permet aussi de tester un repreneur potentiel, ou simplement d’assurer la continuité d’une activité lorsqu’un dirigeant doit s’absenter, préparer une transmission ou réduire son implication sans fermer l’entreprise.

Dans les opérations de restructuration, la location-gérance joue aussi un rôle clef. Elle facilite le regroupement d’entités, la mutualisation de moyens, et permet à une société spécialisée de gérer plusieurs fonds de commerce sans rachat immédiat. Un outil de souplesse qui, bien utilisé, peut accompagner des stratégies de croissance ou de consolidation.

POUR LE LOCATAIRE : EXPLOITER SANS ACHETER IMMÉDIATEMENT

Côté locataire-gérant, l’atout majeur est la possibilité d’exploiter un fonds sans mobiliser le capital nécessaire à son acquisition. Il bénéficie immédiatement de la clientèle, de la notoriété et du savoir-faire du fonds tout en conservant des marges de manœuvre entrepreneuriales.

Son statut de commerçant l’oblige toutefois à s’immatriculer et à respecter les règles comptables et fiscales applicables. Dans certains cas, la location-gérance sert même de phase d’essai avant une vente.

UN CONTRAT SOUPLE MAIS JURIDIQUEMENT EXIGEANT

La location-gérance n’est pas un simple « prêt ». Le contrat doit impérativement être écrit et publié dans un journal d’annonces légales dans les quinze jours suivant sa signature, puis à son terme. Cette publicité n’est pas anodine : tant qu’elle n’a pas eu lieu, le loueur reste solidairement responsable des dettes contractées par le locataire-gérant dans le cadre de l’exploitation.

C’est l’une des précautions majeures souvent méconnues. Une publication tardive peut exposer le loueur à des risques financiers importants, notamment en cas de mauvaise gestion ou d’endettement rapide du fonds par le locataire.

DES OBLIGATIONS STRICTES POUR LE LOCATAIRE-GERANT

Le locataire-gérant doit exploiter le fonds de manière continue, sans interruption ni déplacement. Modifier l’activité, même partiellement, sans l’accord du loueur, peut constituer une faute lourde : changer la clientèle, la nature du commerce ou l’image du fonds, c’est potentiellement en altérer la valeur.

À la fin du contrat, le locataire-gérant doit restituer le fonds en tous ses éléments. S’il a laissé dépérir l’activité fautivement, il peut être tenu de réparer la perte de valeur. La jurisprudence n’hésite pas à sanctionner des comportements négligents : fermeture prolongée, mauvaise gestion, perte de clientèle ou absence de renouvellement des stocks essentiels.

Paradoxalement, si le fonds de commerce prend de la valeur pendant la durée du contrat de location, le propriétaire n’a pas l’obligation de verser une indemnité au locataire-gérant, sauf si une clause contraire a été incluse lors de la signature du contrat.

« LA LOCATION-GÉRANCE PERMET D’ACCOMPAGNER DES STRATÉGIES DE CROISSANCE OU DE CONSOLIDATION.»

UN ENCADREMENT PROTECTEUR POUR LES CRÉANCIERS

Pour éviter que la location-gérance ne serve à dissimuler une fuite de patrimoine, les créanciers du loueur disposent d’une exigibilité immédiate de leur créance. En effet, la mise en location-gérance pourrait risquer de déprécier le fonds au point de mettre en péril le recouvrement de leurs créances.

Dans les faits, ce mécanisme est rare mais essentiel : il rappelle que la location-gérance peut avoir un impact patrimonial significatif, notamment lorsque le fonds constitue l’actif principal du chef d’entreprise.

LE LOUEUR CONSERVE UN DROIT DE REGARD

Bien qu’il ne puisse ni s’immiscer dans la gestion, ni diriger l’exploitation quotidienne, le loueur n’est pas totalement écarté de la vie du fonds. Il dispose d’un droit de surveillance d’autant plus que la fixation de la redevance dépend souvent du chiffre d’affaires réalisé.

Notamment pour préparer une éventuelle cession, de nombreux contrats imposent au locataire-gérant de transmettre régulièrement les documents comptables, afin de permettre au propriétaire d’informer de futurs acheteurs.

UNE REGLEMENTATION MODERNISEE ET SIMPLIFIEE

La loi du 19 juillet 2019 a profondément assoupli le régime. L’obligation pour le propriétaire d’avoir exploité son fonds pendant au moins deux ans avant de le mettre en location gérance a été supprimée. Cette condition, longtemps vue comme un frein, limitait l’accès du dispositif aux entrepreneurs individuels expérimentés.

Autre changement majeur : la solidarité financière du loueur ne court plus durant six mois après publication, mais seulement jusqu’à la date de cette publication. Un allègement bienvenu, qui sécurise davantage les propriétaires.

UN OUTIL EFFICACE, À MANIER AVEC RIGUEUR

Séduisante par sa souplesse, la location-gérance exige une préparation méticuleuse.

Contrat détaillé, clauses de non-concurrence, obligations comptables, compatibilité avec le bail commercial, publication légale immédiate : autant d’éléments qui conditionnent la sécurité du dispositif.

Bien encadrée, la location gérance peut devenir un formidable moyen d’essayer un commerce avant acquisition, de transmettre progressivement une entreprise, de maintenir l’activité d’un fonds ou de structurer un groupe.

Mais mal maitrisée, elle peut exposer loueur comme locataire à des risques juridiques et financiers importants.

Maitre Cyrille de RULnotaire à Bordeaux

 

 

CHRONIQUE DES NOTAIRES DE LA GIRONDE – Face au risque de perte d’autonomie, la préparation juridique constitue un levier déterminant de sécurité. Le mandat de protection future offre un cadre structuré pour organiser, en amont, la prise en charge de sa personne et de ses intérêts patrimoniaux, sans attendre la contrainte judiciaire.

Un accident, un AVC, une maladie… et du jour au lendemain, il devient impossible de payer ses factures, gérer ses placements ou décider de son lieu de vie. Le mandat de protection future permet d’organiser à l’avance qui s’occupera de vous et de vos biens, et dans quelles conditions.

Qui peut être désigné dans le mandat ?

La plupart du temps, le mandataire est choisi parmi le cercle des proches : un enfant, un frère, l’enfant de son conjoint dans une famille recomposée, un ami mais cela peut aussi être un professionnel.

Le mandat est généralement consenti à titre gratuit mais une rémunération peut être prévue notamment lorsqu’il s’agit d’un mandataire professionnel ou lorsque la charge sera lourde (ex. : gestion d’un patrimoine important).

Il est conseillé de prévoir :

  • un mandataire de remplacement si le premier est empêché (en effet, désigné plusieurs années à l’avance, il peut lui-même être incapable ou renoncer) :
  • de préférence une personne plus jeune que soi et qui comprend l’enjeu de sa mission :
  • un rendez-vous préparatoire chez le notaire pour en discuter.

Quelle responsabilité pour le mandataire ?

Le mandataire doit toujours agir dans l’intérêt de la personne protégée et rendre des comptes. S’il agissait fautivement ou frauduleusement, le mandataire serait responsable tant civilement que pénalement.

Sa mission est contrôlée au début par la production d’un inventaire du patrimoine du mandant. Ensuite, pendant sa mission, il doit tenir un compte de gestion annuel, qu’il doit transmettre au notaire ayant établi le mandat. Ce dernier alerterait le juge en cas de manquements.

Quels pouvoirs peut-on donner au mandataire ?

Les pouvoirs peuvent porter sur les décisions relatives à la personne et/ou aux biens et peuvent être plus ou moins étendus.

S’agissant de la personne à protéger, le mandataire peut prendre les décisions concernant son lieu de résidence (maintien à domicile ou entrée en établisse-ment), organiser l’assistance au quotidien, veiller au suivi médical et aux soins, tout en respectant les volontés exprimées dans le mandat.

Si le mandant donne au mandataire des directives anticipées relatives à la fin de vie concernant les conditions de la limitation ou l’arrêt de traitement, elles doivent avoir été établies moins de trois ans avant l’état d’inconscience. Il y a donc nécessité de renouveler tous les trois ans ces directives.

S’agissant du patrimoine, il pourra gérer les comptes bancaires, payer les dépenses courantes, percevoir les revenus, administrer les biens immobiliers (entretien, location), ou encore réaliser certains investissements. Il peut également être autorisé à vendre un bien immobilier.

En revanche, la loi interdit au mandataire de vendre le logement de la personne protégée ou de consentir des donations, sans l’accord du juge.

La rédaction du mandat revêt toute son importance lorsque le mandant est un chef d’entreprise et qu’il désigne « son bras droit » comme mandataire. Les pouvoirs peuvent alors être très larges sur la gestion et les orientations à prendre mais limités sur la cession de l’entreprise ou de ses actifs. II pourra être également complété par un mandat à effet posthume, pour organiser la gestion de son patrimoine après son décès.

Quand et comment se déclenche le mandat ?

En pratique, le mandataire vous fera rencontrer un médecin habilité auprès du tribunal (et non votre médecin traitant) qui décidera si votre état de santé nécessite la mise en place de la mesure. Si le médecin constate l’impossibilité de se protéger soi-même, il délivrera un certificat médical que le mandataire produira au greffe du tribunal judiciaire avec une copie authentique du mandat de protection future. Le greffier activera le mandat en l’enregistrant.

Si votre état n’est pas irréversible et s’améliore, le mandat prendra fin par le retour de vos facultés. Le mandat prendra également fin en cas de décès.

Le tribunal pourrait refuser d’appliquer le mandat de protection future si le mandataire n’était pas apte à gérer, et pourrait y substituer une mesure plus classique telle que la tutelle.

Le mandat de protection future permet d’organiser à l’avance qui s’occupera de vous et de vos biens

Puis-je anticiper pour un proche ?

Ce mandat peut être utilisé pour une autre personne que soi-même. L’exemple le plus courant est celui des parents d’un enfant handicapé mental qui n’est pas placé sous un régime de protection.

Les parents gèrent parfaitement l’enfant même devenu adulte, mais, l’âge venant, s’inquiètent : que se passera-t-il quand nous ne serons plus là pour veiller sur lui et ses intérêts ?

Le mandat de protection future peut être signé par le ou les parents pour le compte de leur enfant. Ils désigneront alors un proche tel qu’une sœur dévouée ou un ami de longue date qui accepte la mission.

Quelles formes peut prendre le mandat ?

Il peut être réalisé par acte sous seing privé ou par acte notarié.

Seul le mandat notarié permet de réaliser les actes de dispositions comme vendre un bien immobilier ou un portefeuille de titres. En outre, sa forme apporte toute la sécurité juridique de l’authenticité et notamment la preuve incontestable et la conservation.

Son cout est modéré aux environs de 320 euros.

Quels sont les avantages par rapport à une mesure de tutelle ?

Le mandant désigne la personne qu’il souhaite pour s’occuper de lui et de son patrimoine, en évitant la désignation par un juge d’un tuteur ou curateur qu’il n’aurait pas choisi.

La procédure est simplifiée puisque tout est organisé à l’avance, ce qui allège la charge des proches dans cette période compliquée, et réduit les risques de désaccord entre eux.

Surtout, le mandant peut donner des directives personnelles et patrimoniales dans le mandat, et module les pouvoirs qu’il donne.

Quels garde-fous ?

  • Pouvoirs limités dans le mandat.
  • Mandataires différents selon les domaines (personne / patrimoine).
  • Déclenchement uniquement par médecin agréé.
  • Contrôle annuel par le notaire.
  • Autorisation du juge pour la vente de la résidence principale.
  • Responsabilité civile et pénale du mandataire.

Avant toute signature, prenez rendez-vous chez votre notaire, muni de vos pièces d’identité et votre livret de famille. Discutez des choix possibles et anticipez les scénarios à risque.

 

 

Édito – Top départ du « Donathlon »

Adepte de sport, vous connaissez pas mal de disciplines que vous pratiquez ou supportez. Vous allez découvrir une nouvelle activité qui se déroule en famille et vous place au cœur du système de jeu.

Si elle ne nécessite pas une forme physique de premier plan, elle oblige cependant de disposer de quelques ressources… financières. Il s’agit en effet de vous engager dans un processus où vous consentez de beaux gestes à vos proches.

Pour les plus petites « séries », il peut s’agir d’effectuer un don de somme d’argent qui se chiffre jusqu’à 31 865 € à condition que le donateur soit âgé de moins de 80 ans. Composée des enfants, petits- enfants, ou à défaut de descendance, des neveux ou nièces, l’équipe de bénéficiaires reçoit cette somme en franchise de droits fiscaux à régler.

Si vous souhaitez vous inscrire dans une épreuve de plus grande catégorie, il faut s’intéresser au don manuel. En effet, il atteint 100 000 € par parent à enfant. Il profite d’un abattement sur les droits de succession qui se renouvelle tous les 15 ans. Précisons que la somme destinée à un petit-enfant se limite à 31 865 € et à 5 310 € pour un arrière-petit-enfant.

Profitons-en pour nous intéresser à un parcours spécifique qui peut être emprunté jusqu’au 31/12/2026. Il se destine aux aînés qui veulent aider leur descendance à acheter sa résidence dans l’immobilier neuf. Aussi, ils peuvent transmettre jusqu’à 100 000 € en franchise de droits d’enregistrement à condition que les enfants, petits-enfants, ou à défaut neveux ou nièces, mettent à profit cette somme pour faire construire ou acheter en VEFA ( Vente en État Futur d’Achèvement). Le don peut aussi être mise à profit pour rénover énergétiquement la résidence principale des donataires.

Vous voilà désormais avec un brief qui vous permet d’envisager votre « donathlon » avec quelques repères au plan financier et en matière de fiscalité.

Préparez au mieux votre parcours de générosité avec l’aide de votre notaire !

Maître Sébastien ARTAUDPrésident de la Chambre des notaires de la Gironde

ASSURANCE-VIE : Maîtriser ses atouts… et ses limites

Référence incontournable pour organiser la transmission de son patrimoine, l’assurance constitue à la fois un instrument d’épargne flexible et un levier de transmission du patrimoine qui profite d’une fiscalité dérogatoire. Pas étonnant qu’elle séduise tant de Français !

On compte aujourd’hui près de 2 068 milliards d’euros d’encours, c’est-à- dire la somme des montants placés sur la totalité des contrats d’assurance-vie ouverts en France. Mais derrière la popularité de ce contrat, se cache une réalité plus nuancée, notamment sur le plan successoral. Contrairement à une idée reçue tenace, l’assurance-vie n’est pas toujours « hors succession ».

Il est essentiel d’en connaître les mécanismes afin d’en faire un véritable outil d’optimisation patrimoniale, conforme aux objectifs souhaités. Pour rappel, l’assurance vie se veut un contrat par lequel l’assureur s’engage, en contrepartie du paiement de primes par le souscripteur, à verser un capital ou une rente à un bénéficiaire désigné, de son vivant ou en cas de décès de l’assuré.

INSTRUMENT D’ÉPARGNE

L’assurance-vie s’apparente d’abord à un placement accessible et souple. Elle permet de constituer une épargne, de la faire fructifier selon son profil de risque (fonds en euros ou unités de compte), tout en gardant la possibilité de rachat. Ainsi le souscripteur peut à tout moment effectuer un rachat partiel ou total, en fonction de ses besoins, sans justification. En cas de retrait, une fiscalité avantageuse s’applique notamment après 8 ans de détention. L’assurance-vie offre une grande liberté dans la gestion et l’utilisation de l’épargne constituée.

INSTRUMENT DE TRANSMISSION INCONTOURNABLE

Le souscripteur peut désigner le bénéficiaire de son choix, qu’il s’agisse de ses héritiers ou non, dans le cadre de la clause bénéficiaire. L’assurance-vie permet ainsi de sécuriser le conjoint survivant, de favoriser un enfant ou encore gratifier un proche hors du cercle familial. La rédaction de cette clause doit être minutieuse puisque son rôle est crucial au moment de la transmission et ne doit pas laisser place à diverses interprétations.
Le souscripteur reste libre de modifier ou révoquer la clause bénéficiaire tant qu’il n’y a pas eu d’acceptation par le bénéficiaire désigné. Il n’est donc pas souhaitable d’informer ce dernier de sa désignation.


Atout supplémentaire, la clause bénéficiaire peut faire l’objet d’un démembrement de propriété, permettant de transmettre en dissociant l’usufruit (souvent au profit du conjoint survivant), de la nue-propriété (généralement aux enfants), créant ainsi un quasi-usufruit. Le conjoint survivant conserve la jouissance des fonds tout en assurant que le capital reviendra aux enfants, ce qui leur est garanti notamment par la créance de restitution, et en limitant la charge fiscale. Cette stratégie permet de protéger son conjoint en organisant la transmission aux enfants dans une logique d’optimisation fiscale.

Cette technique illustre une fois de plus la souplesse de l’assurance-vie, mais nécessite une rédaction rigoureuse pour éviter tout risque juridique. L’idée revient à anticiper le fonctionnement d’une telle clause, les modalités de gestion, de répartition ou d’utilisation des capitaux, ou encore le prédécès ou la renonciation du conjoint.

Cette clause doit être adaptée au cas particulier de chaque famille, et sa rédaction nécessite l’intervention du notaire afin d’en garantir l’efficacité juridique.

« UN CONTRAT D’ASSURANCE-VIE N’EST PAS SYSTÉMATIQUEMENT HORS SUCCESSION »

UNE FISCALITÉ OPTIMISÉE

La légende dorée de l’assurance-vie repose surtout sur sa fiscalité en cas de décès. Les capitaux transmis via un contrat d’assurance vie échappent, en partie, à la succession du souscripteur.

La fiscalité applicable dépend de l’âge du souscripteur au moment des versements :

– Versements effectués avant ses 70 ans : chaque bénéficiaire dispose d’un abattement de 152 500 €, puis les capitaux sont taxés à 20 % jusqu’à 700 000 €, et 31,25 % au-delà (art 990 I du CGI).

– Versements effectués après ses 70 ans : le montant des primes est réintégré à l’actif successoral au-delà d’un abattement global de 30 500 €, quel que soit le nombre de contrats souscrits par l’assuré et le nombre de bénéficiaires (art 757 B du CGI).

UNE RÉALITÉ NUANCÉE

L’image d’un contrat systématiquement « hors succession » est trompeuse puisqu’il existe de nombreuses situations dans lesquelles les sommes transmises sont réintégrées dans l’assiette taxable des droits de succession.

Le souscripteur dispose d’une grande liberté dans la désignation du bénéficiaire offrant une certaine souplesse par rapport au respect de la réserve héréditaire. Bien que le contrat ne fasse pas partie de l’actif successoral – on dit souvent qu’il est hors succession – la jurisprudence limite les pratiques abusives.

Ainsi, affirmer que l’assurance-vie n’est pas soumise aux règles de la réserve héréditaire, qui garantit une part minimale du patrimoine à certains héritiers désignés par la loi, est inexact. L’article L132-13 du Code des assurances permet aux héritiers de contester les primes « manifestement exagérées », notamment si le montant des versements est disproportionné par rapport aux facultés du souscripteur, alors ces sommes peuvent être réintégrées à la succession.

Il s’agit de versements jugés exagérés au regard du patrimoine du souscripteur, de ses revenus ou de son âge. En cas d’abus ou de volonté de détourner les droits des héritiers réservataires, les juges peuvent réintégrer les sommes à l’actif successoral. Les versements tardifs parfois juste avant le décès sont souvent scrutés, et les juges peuvent également requalifier l’opération en donation indirecte lorsque l’état de santé ou l’âge du souscripteur au moment du versement des primes révèlent une intention libérale.

Enfin, en cas de bénéficiaire non désigné ou de clause ambiguë voire mal rédigée, le contrat peut également être réintégré à l’actif successoral.

L’assurance-vie mal maîtrisée peut générer des conflits entre héritiers, des requalifications fiscales, ou des déséquilibres patrimoniaux. Elle joue le rôle d’optimisation fiscale dans sa globalité, et demeure un moyen de transmission complémentaire à combiner avec d’autres pour tenir compte notamment du régime matrimonial, des donations antérieures, et de la situation des héritiers.

SOUPLESSE OUI, MAIS AVEC CONSEIL !

L’assurance-vie reste un outil exceptionnel dans l’arsenal patrimonial, à condition d’en connaître les limites. Sa fiscalité avantageuse et sa grande souplesse exigent une utilisation maîtrisée et un accompagnement éclairé.

Maître Mathilde DUBOSTNotaire à Langon

 

CHRONIQUE DES NOTAIRES DE LA GIRONDE – En France, la protection du compagnon survivant dépend directement du statut du couple : mariage, PACS ou concubinage. Pourtant, de nombreux couples ignorent ce qui différencie ces statuts, et les conséquences en l’absence d’anticipation. Tour d’horizon rapide des statuts que nous offre le droit civil.

Le mariage, une protection automatique

Art. 143 à 228 du Code civil – Le mariage est bien entendu le statut le plus protecteur pour le survivant.

La loi lui accorde des droits successoraux automatiques : en présence d’enfants com-muns, il peut opter entre l’usufruit de la totalité de la succession ou un quart en pleine propriété. La situation du survivant peut méme être améliorée au moyen d’un testament ou d’une donation au dernier vivant. En l’absence de descendants et d’ascendants, il hérite de l’intégralité des biens. Autre avantage majeur : une exonération totale des droits de succession.

Le conjoint survivant bénéficie d’un droit viager sur le logement de la famille : il peut continuer à occuper le domicile familial à vie, à condition que le logement soit la propriété du défunt ou du couple.

Enfin, il a droit à la pension de réversion de retraite, sous réserve de remplir certaines conditions (durée de mariage, ressources, etc.).

Le PACS, une protection imparfaite

Art. 515-1 à 515-7 du Code civil – Le PACS offre une protection bien moins étendue que le mariage.

Le partenaire survivant n’hérite pas automatiquement : il doit étre expressément désigné dans un testament pour recevoir une part de la succession. II| bénéficie alors de la même exonération fiscale que les couples mariés.

Pour le logement, le survivant peut rester gratuitement dans le domicile commun pendant un an après le décès, mais il ne dispose pas de droit viager.

Enfin, contrairement aux époux, il n’a aucun droit sur la pension de réversion du défunt. Cependant, le législateur envisage de modifier la loi afin d’étendre ce droit aux partenaires pacses.

Le concubinage, une protection à créer

Art. 515-8 du Code civil – Les concubins ne bénéficient d’aucun droit successoral automatique. Et s’il hérite par testament, la fiscalité est particulièrement dissuasive puisque la part léguée sera taxée à 60 % (avec un abattement de 1 594 euros).

Cette absence de protection peut être particulièrement préjudiciable pour le survivant, surtout si le logement commun était la propriété exclusive du défunt.

Des propositions législatives visent à étendre la pension de réversion aux couples pacsés et concu-bins, peut-être dès 2026. Le législateur pourrait également renforcer la protection du logement de la famille pour les partenaires pacsés.

Les concubins ne bénéficient d’aucun droit successoral automatique

Anticiper pour mieux se protéger

Plusieurs outils juridiques et financiers permettent de sécuriser la situation du sur-vivant, mais ils doivent être anticipés.

Le testament bien sür, offre la possibilité d’améliorer la situation du survivant en lui consentant des legs.

L’assurance-vie consti tue également une solution efficace notamment pour les concubins : en désignant le survivant comme bénéficiaire, il est possible de transmettre un capital important avec une fiscalité avantageuse. Les sommes provenant de primes versées avant 70 ans bénéficient d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, sur le capital reçu. La fraction de la part de chaque bénéficiaire excédant les 152 500 € est imposée à 20 % puis 31,25 % au-delà de 700 000 euros.

La création d’une société civile immobilière (SCI) peut être aussi un outil intéressant pour protéger le survivant.

Enfin une clause de tontine peut être intégrée lors de l’achat d’un bien immobilier. Grace à elle et dans la limite de 76 000 euros, le bien reviendra automatiquement au dernier vivant, sans droit de succession.

Le mariage est, bien entendu, le statut le plus protecteur pour le survivant. Les couples pacsés ou en concubinage doivent impérativement anticiper en mettant en place des dispositifs juridiques adaptés afin d’éviter une situation de précarité au premier décès.

Un conseil notarial personnalisé est indispensable pour sécuriser l’avenir du survivant, quel que soit le statut du couple. Rédiger un testament ou souscrire une assurance-vie sont des étapes essentielles.

 

Édito – Vous le portez si BIEN !

Il pourrait s’agir du nouveau manteau pour lequel vous avez flashé afin d’affronter l’hiver ! Néanmoins cela concerne un produit encore plus convoité et apprécié….

Vous venez en effet de le repérer dans une vitrine qui présente de belles pièces. L’étiquette n’a pas manqué de capter votre attention car l’ensemble fait l’objet d’une belle mise en valeur. Dans la description, tant les illustrations que la tarification vous ont attiré l’oeil.

En pénétrant dans les lieux, l’accueil que vous réserve votre interlocuteur ne peut que confirmer votre intérêt pour cette enseigne qui jouit d’une belle réputation. Dès la découverte du produit, vous appréciez la qualité des informations, le respect de la réglementation, la possibilité d’une présentation. Vous ne pouvez que céder à l’envie d’essayer…

En effet, il s’agit de porter un projet d’acquisition immobilière avec le notaire. La maison ou l’appartement proposé par son étude profite d’une belle exclusivité car il provient de mises en vente issues des successions, de divorces et séparations ou encore d’opérations achat/ revente… qui s’effectuent en lien avec le notaire.

Avec plein d’avantages à la clé ! Le prix affiché résulte d’une évaluation réalisée selon la méthode par comparaison avec les transactions enregistrées dans la base Perval, outil qui centralise toutes les mutations.

Les origines de la propriété n’échappent pas à la rigueur du notaire car il vérifie de nombreux paramètres juridiques ou techniques.

Qu’il s’agisse de prendre en compte les servitudes, les autorisations, les états hypothécaires… le notaire s’appuie sur ces éléments pour rédiger le compromis de vente. Quant aux différents diagnostics à produire, le notaire s’assure que tous les contrôles décrivent scrupuleusement les conditions d’utilisation du bien.

Autant de raisons qui incitent à porter un projet immobilier avec le notaire comme intermédiaire ! Il vous conviendra d’autant mieux qu’il sera confectionné sur mesure.

Maitre Sébastien ARTAUD Président de la Chambre des notaires de la Gironde

Plus-value immobilière : les 11 cas d’exonération

La vente d’un bien immobilier s’accompagne d’incidences fiscales avec le possible déclenchement de l’impôt sur la plus-value. Fort heureusement, plusieurs situations autorisent une exonération, dont la plus connue concerne la résidence principale. Procédons à un tour d’horizon des différentes transactions qui éviteront la taxation.

Si vous avez réussi à vendre votre bien immobilier plus cher que son prix d’acquisition, vous avez dégagé un bénéfice donc une plus-value. C’est cette plus-value correspondant à la différence positive entre le prix de vente du bien et son prix d’acquisition, éventuellement augmentée des frais et droits de mutation ainsi que des dépenses de travaux, qui sera, par principe, taxable au regard de l’administration fiscale. Cette base taxable pourra également être diminuée en application d’abattements liés aux années de détention du bien au-delà de la cinquième année. 

Ainsi, en 2025, le taux global de taxation est de 36,2 % (19 % au titre de l’impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux) majoré d’une surtaxe s’appliquant aux plus-values nettes imposables supérieures à 50 000 €, avec un taux progressif de 2 % à 6 %. À ce principe de taxation, l’article 150 U du CGI apporte plusieurs tempéraments et prévoit des causes d’exonération de ladite imposition sur les plus-values immobilières ci-après énumérées.

 

1. La cession d’une résidence principale

L’article 150 U, II-1o du CGI exonère les plus-values réalisées lors de la cession de biens qui constituent la résidence principale du cédant au jour de la cession. Le législateur n’a pas fixé de condition liée à la durée d’occupation. Cette exonération s’applique également aux dépendances immédiates et nécessaires cédées simultanément avec cet immeuble (CGI, art. 150 U, II-3o). Attention, un terrain à bâtir détaché de la résidence principale ne pourra revêtir le qualificatif de dépendance immédiate et nécessaire.

A contrario, les voies d’accès et parking servant à la résidence principale avant le détachement pourront être considérés comme des dépendances immédiates et nécessaires.


L’exonération est acquise lorsque les conditions sont remplies quels que puissent être les motifs de la cession, la nature de l’habitation, l’importance du prix de cession ou de la plus-value et l’affectation que l’acquéreur envisage de donner à l’immeuble, même s’il est destiné à être démoli en vue de l’édification de nouvelles constructions.
Sont considérés comme résidences principales au sens du 1o du II de l’article 150 U du CGI, les immeubles ou parties d’immeubles constituant la résidence habituelle et effective du propriétaire. Les droits relatifs à ces biens peuvent également bénéficier de cette exonération. La résidence habituelle doit s’entendre du lieu où le contribuable réside habituellement pendant la majeure partie de l’année.


Une utilisation temporaire d’un logement ne peut être regardée comme suffisante pour que le logement ait le caractère d’une résidence principale susceptible de bénéficier de l’exonération. Lorsqu’un doute subsiste, le contribuable est tenu de prouver par tous moyens l’effectivité de la résidence.


Cependant, la condition tenant à l’occupation de l’immeuble à titre principal par le contribuable au jour de la cession ne peut pas toujours être satisfaite en cas de séparation ou de divorce lorsque l’un des conjoints se retrouve contraint à devoir quitter ledit logement. Il est alors admis par la jurisprudence et l’administration fiscale qu’il puisse néanmoins bénéficier de l’exonération prévue au 1° du II de l’article 150 U du CGI dès lors que le logement a été occupé par son ex-conjoint jusqu’à sa mise en vente et que la cession intervient dans les délais normaux de vente.

Le bénéfice de l’exonération n’est en revanche subordonné à aucun délai particulier entre la date de séparation et la date de mise en vente ainsi qu’il résulte d’une réponse ministérielle BRETON du 8 avril 2008. Cette mesure de tempérament est applicable aux concubins qui se séparent et aux partenaires qui rompent un pacte civil de solidarité sous les mêmes conditions.


La circonstance que le contribuable soit propriétaire du logement qu’il occupe à la date de la cession de l’ancienne résidence commune n’est pas de nature à lui faire perdre le bénéfice de l’exonération.

Au demeurant, s’agissant d’une question de fait, l’Administration fiscale se réserve le droit d’apprécier sous le contrôle du juge de l’impôt la réalité de la déclaration du cédant et ce dernier peut donc être soumis à un contrôle à posteriori et à un éventuel redressement en cas de fausse déclaration.
Par ailleurs, dans le cas où le contribuable réside six mois de l’année dans un endroit et six mois dans un autre, la résidence principale est celle pour laquelle l’intéressé bénéficie des abattements en matière de taxe d’habitation (BOI-RFPI-PV-10-40-10, no 30).

 

Calcul de la plus-value ? En 2025, le taux global de taxation est de 36,2 % (19 % au titre de l’impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux) majoré d’une surtaxe s’appliquant aux plus-values nettes imposables supérieures à 50 000 €, avec un taux progressif de 2 % à 6 %.
 
2. La Cession par des non-résidents

Une exonération spécifique s’applique aux personnes physiques non-résidentes de France, ressortissantes de l’Union européenne ou d’un État partie à l’Espace Economique Européen ayant conclu une convention d’assistance administrative avec la France. Cette exonération est limitée à une résidence par contribuable et à 150 000 € de plus-value nette imposable, sous certaines conditions de durée de domiciliation en France et de délai de cession après le départ. 

 
3. La Cession d’un faible montant

Les plus-values sont exonérées si le prix de cession de l’immeuble, de la partie d’immeuble ou des droits relatifs à ces biens est inférieur ou égal à 15 000 € par vendeur. En cas de cession de parcelles ou de lots à des acquéreurs distincts, il y a lieu d’apprécier le seuil d’imposition cession par cession, c’est-à-dire acquéreur par acquéreur. En cas de cession de plusieurs parcelles ou lots à un même acquéreur, il y a lieu d’apprécier le seuil d’imposition de 15 000 € en tenant compte du prix de cession global. En cas de cession de plusieurs parcelles non adjacentes, le seuil s’apprécie parcelle par parcelle. Ce seuil continue à s’apprécier globalement en cas de cession de parcelles d’un seul tenant. En cas de cession conjointe ou isolée de l’usufruit ou de la nue-propriété, le seuil d’imposition s’apprécie par rapport à la valeur en pleine propriété du bien. 

 
4. 1re cession d’un logement autre que la résidence principale sous condition

L’exonération s’applique à la première cession d’un logement (autre que la résidence principale) si le prix de cession est remployé, dans un délai de 24 mois, à l’acquisition ou la construction d’un logement affecté à la résidence principale du cédant. Il est précisé que le cédant ne doit pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédant la cession.
Cette exonération est facultative et doit être requise expressément dans l’acte de vente. 

 
5. La cession d’un droit de surélévation

La plus-value résultant de la cession d’un droit de surélévation est exonérée si le cessionnaire s’engage à achever les locaux destinés à l’habitation dans un délai de quatre ans à compter de la date d’acquisition. 
Le droit de surélévation s’entend comme le droit réel d’édifier une construction prolongeant verticalement les façades d’un immeuble préexistant tout en rehaussant le faîtage du toit.
Ce dispositif est prorogé jusqu’au 31 décembre 2026.

 
6. Les exonérations liées à la nature des opérations

Certaines opérations, comme les cessions de biens pour lesquels une déclaration d’utilité publique a été prononcée en vue d’une expropriation (sous condition de remploi), ou les cessions réalisées lors d’opérations de remembrement, peuvent bénéficier d’une exonération. 

 

BON À SAVOIR ! Lors d’une transaction, le notaire réalise une simulation pour indiquer au vendeur le montant de l’impôt sur la plus-value que la vente  peut entraîner. Cette  information  s’inscrit dans le cadre d’une logique de gestion  patrimoniale.
 
7. Les exonérations liées à la durée de détention

Un abattement pour durée de détention s’applique, conduisant à une exonération totale de la plus-value au terme d’un certain délai de détention (22 ans pour l’impôt sur le revenu, 30 ans pour les prélèvements sociaux). 

 
8. L’exonération liée à la qualité du cédant

Les titulaires de pensions de vieillesse ou de la carte d’invalidité correspondant au classement dans la deuxième ou la troisième des catégories prévues à l’article L. 341-4 du Code de la sécurité sociale, bénéficient, sous conditions, d’une exonération des plus-values de cession d’immeubles. 

 
9. L’exonération lors de certains partages

Dans certains cas de partage, la plus-value peut être exonérée, même en cas de versement d’une soulte, sous réserve de conditions tenant à la qualité des copartageants et à l’origine de l’indivision

 
10. L’exonération en faveur de la construction de logements sociaux

Les cessions réalisées directement ou indirectement en faveur de la construction de logements sociaux aux 7º et 8º du II de l’article 150 U du CGI peuvent être exonérées sous certaines conditions. 

 
11. L’exonération pour les personnes âgées ou handicapées résidant en établissement

La plus-value résultant de la cession, par une personne âgée ou handicapée résidant dans un établissement médicalisé, du logement ayant constitué sa résidence principale, est exonérée si la cession intervient dans un délai inférieur à deux ans suivant l’entrée dans l’établissement. 

En toutes hypothèses, il y a lieu de rappeler que chaque cause d’exonération est soumise à des conditions spécifiques qu’il conviendra d’examiner au cas par cas, et le rôle du notaire sera, bien sûr, de guider le vendeur vers le dispositif le plus approprié à sa situation en ayant pris le soin de contrôler les déclarations de ce dernier en sa qualité de percepteur de l’impôt. 

Me Soraya FOULON-BENSAÏD – Notaire à Martillac

La Chambre des notaires de la Gironde sort un nouveau film misant toujours sur l’humour décalé pour rappeler qu’il n’est jamais trop tard pour penser à faire son testament.

À travers un comique de situation autour de la réalisation de travaux de rénovation et de ces petites erreurs qu’on peut faire faute de connaissance, ce spot de 30 secondes nous rappelle qu’on n’est jamais à l’abri d’un accident de la vie. Et que ses conséquences peuvent être fatales.

Derrière ce spot, un rappel utile : n’attendez pas pour voir votre notaire et préparer votre testament. On ne sait jamais ce qui peut arriver.

Un accident de la vie arrive plus souvent qu’on ne le pense

Les accidents domestiques sont à l’origine de 5 millions de recours aux urgences, de plusieurs centaines de milliers d’hospitalisations et de plus de 20 000 décès chaque année en France.*

Un accident de la vie courante (Ac-VC) est un traumatisme non intentionnel qui ne survient ni sur la route (accident de la circulation), ni pendant les heures de travail en relation avec un emploi salarié ou une activité indépendante. Les Ac-VC se répartissent entre les accidents domestiques, les accidents survenant à l’extérieur (magasin, trottoir, …), les accidents de sports et les accidents de vacances et loisirs.

Le testament : anticiper pour mieux protéger

Anticiper la rédaction de son testament permet d’exprimer au mieux vos dernières volontés et de mieux protéger la répartition de vos biens. Au-delà du matériel, cet acte permet de clarifier les choses et d’ainsi éviter d’éventuels conflits entre vos proches héritiers.

Le notaire vous accompagne dans la rédaction de cet acte et dans son évolution. En effet, un testament est révocable et modifiable à tout moment, jusqu’au décès. Cela veut dire qu’on peut l’annuler et le modifier à tout moment par un nouveau testament, ou tout simplement en le détruisant s’il s’agit d’un testament écrit olographe.

Envie d’en savoir plus ?

Les notaires de la Gironde vous accompagnent dans toutes les étapes de votre vie de couple : succession, mariage, PACS, achat immobilier… N’hésitez pas à nous contacter pour en discuter.

Cette initiative est soutenue par la Banque des territoires, partenaire de la Chambre des notaires de la Gironde dans sa mission d’information et d’accès au droit pour tous.

*Source : https://www.loire.gouv.fr/index.php/Actions-de-l-Etat/Securite-des-personnes-et-des-biens/Risques-de-la-vie-courante/Les-accidents-de-la-vie-courante